NE PAS FAIRE LE SINGE À GIBRALTAR !

    Anecdote cocasse pour ce copain que vous connaissez peut-être?
    C'est un RATM actuellement à DAKAR en cette fin d’année 2002.
    Son nom de bataille : Charlie Oscar 2
    JEAN-CLAUDE navigue sur CAP’TAIN ORION
    Il a une bonne histoire à nous raconter !
    Ecoutez-le, il s’est confié

 
 
                          

ANECDOTE CHEZ LES ANGLAIS DU ROCHER ou JEAN-CLAUDE SUR "CAP'TAIN ORION" À GIBRALTAR>



LES PRÉSENTATIONS

JEAN-CLAUDE sur « CAP’TAIN ORION »



J’ai eu le plaisir de rencontrer JEAN-CLAUDE PELAT à Las Palmas de Gran
Canaria en novembre 2001.

C’était une période idéale pour lui, navigateur solitaire, pour continuer
son périple vers les Antilles via Cabo Verde et Sénégal.

Ce français retraité de 55 ans a su choisir son créneau dans la vie et sur
l’eau pour partir.

« CAP’TAIN ORION » était le nom de son petit compagnon de route à quatre pattes. Ce petit chien marin navigua avec Jean-Claude durant
15 ans !

Quoi de plus normal de perpétuer son souvenir en donnant son nom au bateau !



SON BATEAU :

Un « ARAK » de 9 mètres (du nom de la liqueur grecque de la même
appellation).

Son architecte, Yves Contandriopoulos, réussit un très esthétique petit
sloop, idéal pour la méditerranée.

Mais, si affinités - comme le dit si bien Jean-Claude - il ira beaucoup plus
loin !

La magie de la mer et le voilier par lui-même l’ont motivé pour le grand
départ, le 30 juillet 2001.

Date mémorable pour « Captain Orion » : il lève l’ancre de son port
d’attache de Palavas-lès-flots.

Cap Les Baléares, puis la porte obligée de Gibraltar avant de passer par les îles de :

Porto Santo, Madeira, La Palma, La Goméra , Ténérife et enfin la Grande
Canarie.

Une navigation sans problèmes.

Mais il notera cependant les vents incertains et variables de la Grande
Bleue.

« Captain Orion » goûta de l’Atlantique entre 10 et 25 nœuds. Autrement dit, très tranquillement me dit Jean-Claude!

S’il s’est posé à Las Palmas, ce n’est que pour attendre une capote un peu
longue à coudre que le capitaine a commandé au « voilier » du coin, jugeant cette protection nécessaire pour continuer son périple.

Avec son calme et son extrême gentillesse, Jean-Claude a bien voulu me
raconter une sympathique anecdote arrivée lors de sa traversée jusqu’aux Canaries. Il l’appellera :


MELI-MELO à CÔTÉ d’un ROCHER :

Voici ce que Jean-Claude m’a conté :
- « Arrivé avec difficultés à Gibraltar, de nuit (22h), et vent d’ouest
entre 20 et 30 nœuds, je pensais que les bureaux pour la clearance étaient fermés.

Je ne connaissais pas le port.

Je décide donc de mouiller près de la piste d’atterrissage où étaient déjà
d’autres bateaux.

J’avais avec moi un numéro de téléphone d’un copain travaillant sur le
ponton flottant destiné par la suite au port de Monaco… Je l’appelle.

Contents de se retrouver, un rendez-vous fut pris quasi immédiatement pour aller prendre un verre.

Je gonfle l’annexe, accoste au lieu indiqué, et nous partons en voiture pour Algésiras, ville mitoyenne de Gibraltar.

Une petite heure et demie plus tard, de retour à mon annexe, quelle ne fut ma surprise en voyant la Guarda Civile présente, en train de retourner dans tous les sens mon pauvre dinghy !

Un autre canot pneumatique de la Police anglaise était, lui, en train de
tourner autour de « Captain Orion ».

Oh… lala... Ils avaient l’air assez fâchés !

Ce qui se passait ?

J’étais tout simplement mouillé dans les eaux territoriales anglaises.

MAIS, avec l’annexe, j’avais débarqué en Espagne !!!

Donc, j’avais franchi la frontière en fraude !!!

Et, pour comble, je n’avais pas fait ma clearance en arrivant, c’est-à-dire
que j’avais ommis de me présenter aux bureaux de l’immigration à l’arrivée.

Ça faisait beaucoup...

Mon copain étant là, heureusement. Lui, parlant espagnol, il a pu dialoguer en bonne intelligence avec la Guardia Civile et tout s’est bien terminé.

Mais ils ont quand même dit que les anglais, eux, n’étaient pas très
contents et risquaient de causer quelques problèmes…

Ce qui ne manqua pas d’arriver :

Dès mon retour sur le bateau, un ordre : « les papiers !»

Ils avaient l’air vraiment méchants.

Je ne parlais pas anglais, mais avec de la bonne volonté... et les mains
!... on arrive toujours à communiquer, n’est-ce-pas ?

Leur : « follow me »… je l’ai compris immédiatement!

J’obtempère en récupérant mon mouillage avec beaucoup de mal à cause du vent.

Sincèrement, je crois bien qu’ils s’en moquaient les anglais de mes
difficultés.

Je devais les suivre, rien d’autre n’était plus important.

Ils m’ont fait accoster à un ponton flottant sur lequel « Captain Orion »
atterri comme un chef !

Un autre policier m’attendait dans un baraquement en bois et la corvée des papiers d’immigration à remplir commença.

Toujours très problèmatique la communication. La langue de Shakespeare n’étant pas ma tasse de thé !... mais l’ambiance était plus sympa dans l’ensemble.

On m’a fait comprendre que je pouvais passer la nuit sur leur ponton… à
condition toutefois de dégager le matin vers Marina Bay.

MAIS... on m’a fait aussi comprendre que j’avais bel et bien franchi la
frontière par deux fois illégalement et que ce serait les menottes aux
poings si je recommençais (était-ce de l’humour anglais à Gibraltar ?), je
n’en n’étais pas très certain ! » -



CONCLUSION :

Avec les anglais ne pas faire le singe!

Là, tu as peut-être raison .

MERCI JEAN-CLAUDE !


Propos relevés par SOPHIE sur "ENOMIS" - Las Palmas de Gran Canaria 2002