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ESCALE DE 5 MOIS AU
MAROC EN 2001
MOHAMMEDIA, un si charmant petit port !
J’ai une anecdote à raconter sur cette escale marocaine où je me suis
attardée 5 mois, entre novembre 2000 et avril 2001.
Elle est
encore toute fraîche dans ma mémoire, je me dois de vous la
confier.
Tout d’abord, si l’envie vous prenez, amis
navigateurs, de descendre sur la côte ouest marocaine, soyez
vigilants, on ne le dira jamais assez, ces côtes sont extrêmement
dangereuses.
En témoignent bon nombres d’échouages qui ont failli
être fatals, cette année notamment, entre autre pour deux voiliers
français, l’un en face de Casablanca, l’autre devant El jadida. L’un
d’eux sera prochainement raconté par les « heureux » rescapés
eux-mêmes qui tiennent à témoigner de leur mésaventure.
Vous
verrez, c’est croustillant... Quand on s’en sort !...
Alors
éloignez-vous le plus possible de ces côtes maudites, sauf si vous
programmez un petit séjour de découverte marocaine et priez pour un
océan calme et peu agité pour arriver !
Dans ce cas, vous
pouvez en toute quiétude vous arrêter à Mohammedia (ex Fedala) qui est
le dernier port avant d’arriver à Casablanca
.... Et surtout fuyez
Casa !
A mon avis, Mohammedia est le seul port de plaisance digne
de ce nom de TOUT le Maroc.
Il y a deux pontons, dont un pour
l’accueil avec toujours au moins deux places disponibles pour les
visiteurs et la possibilité de se mettre à couple... en cas
d’affluence !
Le ponton d’ « accueil » est très correctement équipé
d’eau et d’électricité et les sanitaires sont… propres !
Il y a
une toute petite buvette (sans alcool) et de très bons restos à
proximité.
En fait, ce ponton est géré par le Yachting Club du
Maroc et il y a encore à ce jour de nombreux adhérents - marocains et
européens - qui ont et sortent régulièrement leur voilier ou « moteur
» pour la pêche.
Il y a également l’école de voile locale avec
flotte d’Optimistes… Bref, il y a un suivi !
Et puis, oui… oui…
il y a gratuité de la place pour dix jours !
Ce n’est pas un
gag.
C’est inscrit dans le règlement intérieur du YCM.
J’ai
pu le vérifier pendant mon séjour.
C’est appliqué.
Pour
quelques jours on vous offre la place.
Bon, libre à chacun de faire
petit geste de départ...
Mon « Amphora » et moi faisions partie
de ces chanceux visiteurs et l’envie de prolonger mon séjour pour
passer au Maroc les fêtes de fin d’année me chatouilla.
Les
amis installés sur place, visiter Marrakech, aller dire bonjour aux
chameaux du grand désert...
Pourquoi pas ?
Allez, je
reste !
Aïe... Et c’est là que tout se corse
!!!
Sachant qu’après cette heureuse période je dois payer
le port (normal !), j’ai vraiment « supplié » pour qu’on m’établisse
un tarif (écrit bien sûr !)…
Impossible !
Le YCM n’est
pas habilité à réclamer des sous avec établissement de facture
!!!
Ni personne pour ce coin « plaisance » Mohammédien
d’ailleurs (l’autre partie du port ne traitant que les super-tankers
et autres youyous de ce gabarit).
Pourtant, il fallait une
solution !!!
Un accord fut trouvé et passé -pré-facture à l’appui-
et décision fut prise « d’offrir » un jeu de voiles au voilier Laser
de l’école. Ouf !... Pour moi c’était donc réglé !
Tout le
monde y trouvait son compte et tout le monde était content.
EH BEH
NON !!!
C’était sans compter sur un comité marocain sorti de nulle
part qui se créa dès que le mot « départ » fut prononcé.
Un
comité factice.
Un truc bidon mais capable de fiche la trouille aux
plus forts !
On me réclamait subitement pour mon séjour
l’équivalent de... 25 000 F français pour les 5 mois en me spécifiant
bien qu’on me faisait une fleur et qu’on ne comptait pas –bien sûr-
les fameux dix premiers jours !!!
Rien que ça !!!
En me
menaçant de tous les mots de la création si je ne payais pas.
Oh…
la...la, sûr que le fait d’être une femme n’arrange pas les choses dans
certains pays !
Parce qu’en plus « ils » voulaient un
interlocuteur masculin…
Y’avait pas !!!
Un capitaine femme
?
Ce n’est pas normal !
Bonjour l’angoisse...
Je
voyais mon bateau saisi et tout le bataclan.
J’attendais un
copain-équipier pour appareiller sur Las Palmas. J’avais plutôt hâte
qu’il arrive, me doutant pourtant que la solution ne viendrait pas de
lui.
La solution ?
Avoir quelque connaissance très bien
placée sur la place marocaine !
Vous savez, l’ami, de l’ami, de
l’ami...
C’est pourtant pas mon truc, un passe-droit, mais que
faire ?
Il y avait Enomis. C’était la seule issue pour le sortir de
cette... passe !
Que fait-on quand on n’a pas l’ami de l’ami
??????
Je préfère ne pas y penser.
En tous cas je n’ai
jamais eu le cœur qui battait aussi fort qu’en quittant Mohammedia
!
Ce que je n’ai pas dit, ce sont les gros godillots à l’arrivée à
peine les amarres lancées.
Police, Gendarmerie, Douanes... Ils
ont l’air si gentils !
Les formalités n’en finissent
pas.
Elles sont longues et ils confisquent l’acte de francisation
(Oh que je n’aime pas !).
Mais on n’y coupe pas !
A
savoir : Toujours avoir des paquets de cigarettes en réserve... Ça
adoucit les cœurs.
Et puis si mon bateau a eu droit de «
résidence » pour six mois, ce n’est pas le cas de la personne physique
qui doit aller se faire voir ailleurs (tampon-passeport à l’appui) au
bout de trois mois.
Ce que j’ai dû faire.
C’est comme ça le
Maroc.
Néanmoins il reste un très beau pays !
Et Mohammedia
un excellent port de passage.
Mais vous l'aurez compris ?... A
condition de ne pas s’y attarder !
Bonne chance amis
navigateurs.
SOPHIE sur "ENOMIS" - extrait du livre de bord
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