Enomis sur le chemin des alizés
Les Îles
Canaries
texte écrit et soumis par Sophie
Chacoux
paru originalement dans Loisirs Nautiques en octobre 2003
sur le no 382
Que dire sur les " îles Fortunées " sans donner
l'impression de ressembler à un dépliant publicitaire? Que dire sans
répéter ce que d'autres ont tellement bien décrit avant moi?
La légende veut que les îles Canaries soient les vestiges du
fameux continent Atlantide qui disparut avec les contractions de
l'écorce terrestre. Il se serait à l'époque étendu en une vaste île
triangulaire entre les Amériques, l'Europe et l'Afrique. Ce qu'il en
resterait? Açores, Madère, Canaries, Cap Vert. Un très vieux mythe
en fait...
Le plus vraisemblable serait quand même une origine volcanique:
une poussée tectonique qui aurait fait émerger spasmodiquement une
série de volcans sous l'océan.
En vrac, on y parle de l'homme de Cro-Magnon, des Berbères des
Sémites... sans oublier de mentionner qu'on a trouvé des traces
d'expéditions grecques, romaines, phéniciennes, carthaginoises,
égyptiennes... Ce serait Pline qui inspira le nom d'"îles Fortunées"
après de nombreuses appellations antérieures. Il est vrai qu'on
parlait déjà de cet "Archipel de l'éternel printemps" du temps
d'Homère... du temps où la rondeur de la Terre n'existait pas. On le
situait alors aux confins d'une planète-galette, vous savez, là où
le soleil s'enfonce et se couche. De quoi alimenter contes et
légendes !
Quant à l'attribution de la découverte, ce serait un marin
normand en 1312, qui, le premier, découvrit l'île de Lanzarote.
Suivirent Jean de Béthencourt qui naviguait pour la Couronne de
Castille. C'est lui qui planta officiellement le drapeau espagnol.
... Sans oublier Christophe Colomb évidemment!
Aujourd'hui, les Îles Canaries sont devenues incontournables pour
partir vers le Nouveau Monde. Leur climat est un des meilleurs de la
planète. La possibilité de navigation y est permanente. (Attention
cependant aux alizés d'été et aux vents Sud-Est l'hiver). De grands
champions espagnols et mondiaux y sont formés sur ses plans d'eau
locaux. Les terres sont éternellement caressées par le vent et tous
les mois de l'année y sont réchauffés par le Soleil.
Quant à l'hospitalité, elle est bien réelle! Les canariens sont
des gens charmants et accueillants qui aiment leur terre et le
démontrent bien. L'archipel vaut le détour.
Il y a sept îles sur le chapelet! Sans compter quelques petits
îlots hétéroclites où il fait bon jeter l'ancre. Alors, si vous le
pouvez, faites comme moi. Prenez votre temps et... Visitez!
Mon Amphora et moi sommes arrivés aux Canaries en 1998. Depuis
nous n'avons de cesse de nous promener, soit en visitant l'archipel,
soit en faisant des échappées sur Madère et les îles Selvagens, ou
une escapade de quelques mois au Maroc... ou encore une remontée sur
la France via Gibraltar. Mais toujours, nous revenons à notre base
qui varie le plus souvent entre Las Palmas de Gran Canaria et ce
petit village du sud que j'aime tant: Mogan.
Considérons ces îles comme un idéal point de départ pour toutes
balades sur l'Atlantique... et les circumnavigations. Si on traverse
vers les Antilles, le plus sage est de partir depuis l'île de La
Palma ou de La Goméra. Pourtant - merci Monsieur Jimmy Cornell - la
concentration se fait de nos jours à Las Palmas pour ce grand
départ... et L'ARC (Atlantique Rally for Cruisers) semblerait avoir
beaucoup de responsabilités dans cette situation qui est devenue
avec le carnaval, l'évènement le plus attendu et le plus suivi de
l'année.
Quant à moi, la prochaine étape sera
cette fois - je l'ai promis à Enomis- une descente vers le Cap Vert
pour quelques mois avant de continuer vers le Grand Sud Américain.
Ça veut dire que l'heure du départ définitif sonnera dans peu de
temps, et non sans quelques émotions. On s'y attache à ces petites
îles!
Mais on fera cette étape en douceur bien sûr, précipitation ne
collant pas bien avec navigation. ... et en mettant plein de lignes
de traîne pour qu'elles flirtent avec les bonites et les dorades
coriphènes! "... Alimentaire " mon cher Watson! Peut-être
partira-t-on à l'automne, l'histoire que les alizés soient mieux
établis.
Durant mes escales aux Canaries j'ai pu finir d'équiper Enomis.
C'est l'endroit idéal pour travailler. Wind Pilot... arceau ...
éolienne... BLU... déssalinisateur... Pour plein de raisons, je
n'avais pu le faire avant et j'ai la fierté d'avoir transformé mon
petit bateau en "Vrai Bateau de Grand Voyage" cette fois. C'est
marrant, on dirait qu'il en est tout fier... et moi donc!
Il ne pleut presque jamais sous cette latitude et ça fait la joie
des peintures et des vernis qui peuvent allégrement sécher..
À Las Palmas on trouve à peu près tout chez les shipchandlers de
la place à des prix très abordables. Je vous en parlerai plus loin
en vous confiant quelques bonnes adresses à retenir sur les
différentes îles visitées.
Si vous êtes manuels, vous trouverez également tout le matériel
dont vous avez besoin... sans oublier l'électronique à des prix
défiant toutes concurrences, surtout que les achats se font hors
taxe. (Disons, quand c'est possible...)
POSITION GÉOGRAPHIQUE DES ÎLES CANARIES:
Entre
27º 38' et 29º 25' Nord
Et 13º 25' et 18º10' Ouest.
Une cinquantaine de milles séparent les Canaries du continent
africain. La partie orientale comprend: Les îles de Lanzarote et de
La Graciosa, Fuerteventura et Gran Canaria. La province occidentale
réunit: Les îles de Tenerife, La Gomera, Palma et Hierro.
Le courant canarien est faible et porte au S-W. On peut le
retrouver entre les îles au printemps et à l'automne, mais aussi en
été. Quelques anomalies magnétiques peuvent changer la déclinaison
de 2º par endroit. Les alizés soufflent du Nord-Est presque
constamment. Le fameux effet Venturi est bien réel dans les goulots
inter-îles et en quelques minutes des accélérations de 40 à 50
noeuds peuvent être redoutables.
L'idéal est de faire un abord septentrional ce qui permettra
d'être moins secoué pour "descendre" vers les autres îles. Ce
qu'Enomis a fait, je vous le propose. A chaque fois que nous sommes
revenus sur l'archipel, en revenant du Maroc, de Madère ou des
sauvages Îles Selvagens, nous sommes arrivés du Nord en suivant la
même route.
Quand on voit les Canaries se dessiner, on a hâte de les
approcher. De jour et par beau temps, l'idéal est d'arriver par
Lanzarote. C'est magnifique.
MON APPROCHE ORIENTALE: ALEGRANZA et MONTAGNE CLARA
:
Ah ces rochers! Ils nous font sentir la première terre!
Inhabités, quelques ruines font penser que jadis il y avait
peut-être des pècheurs. Ils sont à peu près à 5 milles au large de
LANZAROTE, reconnaissables à des falaises escarpées et bordées de
roches. Sur ALEGRANZA, un phare à l'Est signale l'approche de
nuit.
Mouillages: Ils sont interdits sans autorisation. Sur la côte Sud
il y a une petite baie, mais ne mouiller que par beau temps. Sinon
c'est carrément dangereux! Pour les plus téméraires, une petite
grotte à l'Ouest peut être explorée en dinghy. Mais je ne m'y suis
pas aventurée.
GRACIOSA: 29º 13' N - 13º 30' W
C'est beau. C'est beau à couper le souffle! Les
habitants de LANZAROTE ont coutume de dire : " Quand on y débarque,
on peut enlever ses chaussures et oublier le reste du monde!" Si la
côte Ouest est frangée de récifs, l'autre partie est bordée de
plages. Dans le petit village de PEDRO BARBA, j'ai rencontré une
forme de vie communautaire composée de familles de pêcheurs ainsi
qu'à LA SOCIEDAD et à CALETO DE SEBO, la plus importante des trois
communautés.
Un ponton flottant existe dans la partie Ouest de ce port pour
les bateaux de passage. Mais il est sans électricité ni eau...
quoiqu'on puisse éventuellement se raccorder pour avoir de l'eau.
(Il vaut mieux prévoir et remplir ses Jerricans au robinet). On peut
s'attacher aussi à des corps-morts, mais en vérifier l'état avant
c'est préférable! Il y a un petit hôtel dans le village.
Lors de mon dernier passage, j'ai loué un vélo pour faire le tour
de l'île. Car on est sûr et certain de ne rencontrer aucune voiture
sur les sentiers: il n'y en n'a pas à GRACIOSA! (pour
l'instant...)
La vue sur LANZAROTE est sans égale. Un chenal sépare GRACIOSA de
la grande terre où un courant d'un petit noeud est notable dans ce
détroit. Par vent de Nord-Est, (ce que j'ai toujours eu), CALETA DE
SEBO et ses mouillages sont le stop-over idéal pour se reposer
surtout quand on arrive du Nord fatigués par plusieurs jours de
navigation.
Mouillages: Il y a trois mouillages bien abrités dans le
Sud.
- CALETA de SEBO
- BAHIA FRANCESA
- et BAHIA DE SALADO
( attention, il y a un récif à l'Est).
Avec des fonds de 3 à 12 m, généralement de sable et de
pierraille, l'eau y est claire à souhait. J'y ai vu plein plein de
poissons... à attraper presque avec la main !
BAHIA DEL SALADO est le plus protégé des mouillages, mais il faut
bien penser que par vents forts de Sud-Ouest tous les mouillages
sont intenables! Par vent de Sud, il faut partir.
Bonnes adresses: Des bars et des petits restaurants de poissons,
tous aussi sympathiques les uns que les autres à CALETA DE SEBO...
Spécialité : la vieja! Grillé à la mode du coin, ce poisson local
sent bon la mer.
Avitaillement: J'ai trouvé de quoi dépanner à CALETA DE SEBO où
il y a deux petits supermarchés.
LANZAROTE:
Après la GRACIOSA, le passage entre les deux île parcouru,
l'apparition au Nord-Est du petit village de pêcheurs d'ORZOLA est
comme une tache de chaux blanche dans un décor escarpé et noirâtre.
Curieux! Des à-pics assez malsains ne donnent pas envie d'approcher
de trop près.
Qu'importe, comme dans la plupart des cas
l'intention est de suivre la côte jusqu'à ARRECIFE, la capitale, il
ne reste plus qu'à la longer et admirer le paysage: Montagneux à
souhait! Et pour cause, on recense 300 cratères, dont 100 volcans...
heureusement éteints aujourd'hui. Ils sculptent le relief du Nord au
Sud.
Mon coin "pub" sur Lanzarote: Attraction fatale : Cette île c'est
la beauté du diable! Le "diable", c'est d'ailleurs son
emblème. Je vais avoir du mal à raconter LANZAROTE en quelques
lignes surtout que mon premier séjour de terrienne m'y fit
résider... trois ans !!!
Son histoire: Il y a 250 ans, une trentaine de cratères
s'éveillèrent en même temps. Une centaine d'années plus tard, trois
autres rugirent de nouveau. Onze villages furent engloutis dans la
partie sud de l'île, et la population se précipita au Nord épargné.
Au Sud, se rencontrent des fleuves de lave que l'érosion n'a pas
encore travaillé. Ils sont seulement imprégnés de lichens. Le coeur
de la zone volcanique se situe là : dans le fameux parc de
Timanfaya. C'est la lune!!!
Sur le sommet du volcan principal, le
sol est tout chaud et un restaurant utilise la chaleur de la terre
pour faire cuire ses brochettes! Quand on gratte le sol à cet
endroit la température grimpe à 400º. À vérifier par l'expérience
proposée aux touristes : un seau d'eau jeté dans un tuyau enfoncé
dans la terre, 3 secondes après elle ressort en geyser de vapeur...
à fixer sur l'objectif! Géologiquement, LANZAROTE est un véritable
concentré de phénomènes géologiques. Elle est née et re-née de ses
cendres.
Les traditions y sont farouchement ancrées, comme le sont les
méthodes de travail agricole qui relèvent du domaine culturel tant
elles sont particulières et archaïques. Grâce à César Menrique,
enfant du pays, peintre, sculpteur architecte et urbaniste de renom,
l'île a un statut de " réserve biosphérique", label Unesco qui
garantit que le tourisme n'y fera jamais trop de ravages. (Enfin,
espérons...). À voir:
... En racontant LANZAROTE, je suis obligée de m'égarer à
l'intérieur des terres. Je crois bien avoir tout visité et je ne
peux que conseiller :
- "Los Jameos del Agua" : des merveilles de petites grottes
aménagées dans des bulles de lave avec leur lac salé souterrain
relié à la mer et peuplé de mini crabes albinos et aveugles.
- Le "Jardin des Cactus" : Presque 10
000 plantes! Dont 1400 espèces.
- Le "Mirador del Rio" : qui était un poste d'ancienne batterie
d'artillerie.
- Les Châteaux de "San José" et de "Santa Barbara" transformés en
musées
- La route des vins, dans un décor de picon noir... (en évitant
de sortir pompette suite à toutes les dégustations proposées !
- La "Fondation César Manrique" où sa maison, forgée plus que
construite au milieu d'un champ de lave, abrite des oeuvres de
Picasso et Miró.
... et bien d'autres sites sans oublier TEGUISE, la première
capitale, créée au 15ème siècle, au style colonial espagnol avec un
rien de look mexicain.
Quelle richesse cette île!
PORTS ET MOUILLAGES DE LANZAROTE :
En retrouvant la côte Est avec Enomis,
j'ai pu faire un tas d'escales savoureuses en couleurs et en senteurs
locales :
ARRECIFE: C'est le chef-lieu de l'île. On y trouve la plus
importante flotte de pêche de toutes les Canaries (donc de
nombreuses manufactures)
PUERTO NAOS: L'escale! C'est un port naturel où on rencontre
aussi bien les bateaux de pêche que de plaisance. L'entrée est un
peu délicate et il vaut mieux y entrer de jour car il y a peu de
profondeur et beaucoup de rochers à contourner. Il faut surtout
respecter le balisage des bouées. Il est très exposé à la houle
Sud-Ouest. On y trouve deux pontons, avec eau (ça dépend des
heures!) et électricité (quand ça ne saute pas!) et tout y est
payant.
L'officine d'entrée n'est seulement ouverte que de 10h à 14h du
lundi au samedi. Mais Raphaël, le manager peut être joint à toutes
heures au: 928 84 56 90 ou 989 74 48 97
À vrai dire, je ne considère pas ARRECIFE comme une étape idéale
.. mais à chacun ses goûts! Après tout, on peut aimer les sardines
qui exhalent des effluves depuis la conserverie toute proche
(enfin... ça dépend d'où vient le vent évidemment, mais c'est pour
le moins fréquent). Sinon la ville par elle-même est assez
accueillante.
Mouillages: Il y a une possibilité de mouillage à l'intérieur
même du port profond de 2 à 4 mètres. Un autre, assez venteux,
facilement repérable, est situé près du fort et plus ou moins devant
l'unique grande tour de la ville.
Facilités locales: Côté avitaillement on déniche tout ce qu'on
veut dans les nombreux hypermarchés de la ville et aux alentours. On
trouve du gaz (tous types de bouteilles) à presque toutes les
"gazolineras"... ou encore une excellente laverie: "Lavanderia Las
Vegas", 26 calle Fajardo, tél : 928 81 04 45.
Bien sûr Arrecife a ses banques, son hôpital, son "Correo"
etc... Tout est à proximité du port. C'est une grande ville
ARRECIFE!
Ships et réparations:
Mécanique: Pas de problèmes si votre moteur vous crée quelques
soucis il y a de très bons spécialistes comme: "Taller Domingo
Machin", 202 Léon et Castillo : 928 81 46 20
Une adresse de ship sympa: "Efectos Navales Duarte", 10-15 Calle
Agustin de la Hoz 928 81 11 17
Ferreteria: "Armas", 18 Léon y Castillo, près du cinéma
Inox: "Inoxnaval Lanzarote", 5 calle Foque : 928 81 46
20
Electronique: "Geraldo Arvelo", 7 Calle Augustin de la Hoz : 928
80 25 35
Froid: "Radel" , 74 Mejico : 928 80 10 57
Bois: "Evaristo Gonzales Hernandez", 58 calle Coronel Bens : 928
81 17 68
Office du tourisme: Ouvert de 8h à 15h du lundi au vendredi et
samedi matin situé en face la poste sur le front de mer : 928 81 18
60
J'ai toujours quitté Arrecife avec plaisir surtout sachant que
vers le sud le paysage devenait beaucoup plus attirant dès
l'aéroport et la longue ville de PUERTO DEL CARMEN dépassés.
PUERTO CALERO: 28º 55 N et 13ª 42 W
Un coin idéal posé sur la route de l'Europe vers les Caraïbes.
Elle est adorable cette petite marina de PUERTO CALERO! Elle a
vraiment de la classe avec ses bittes en laiton poli... On dit
qu'elle fait partie des 5 meilleures marinas d'Espagne. Sans compter
qu'on y trouve les meilleurs services. Bien protégée, la sécurité
est bonne et c'est le meilleur endroit pour partir à la découverte
de l'île. L'entrée du port est facile et bien signalée et on ne
risque pas de toucher, car la profondeur du bassin est importante.
En arrivant, il est préférable d'appeler sur le canal 9 de la VHF
pour savoir où se mettre.
Elle est toute neuve cette marina , avec pontons et catways
aménagés. Sa capacité est de 420 places aussi bien pour canotes de 8
m que de 75 mètres. Important: La zone technique et son travel-lift
qui peut lever des bateaux de 100 tonnes
Pour travailler, il y a une aire réservée très propre et
protégée. Je n'en n'ai pas eu besoin, mais c'est le coin parfait
pour aller voir ce qui se passe sous les fesses de nos "bêtes" ou
aller gratouiller l'hélice après nos grandes traversées depuis le
Nord.
Facilités de la marina: La capitainerie est ouverte de 8h-21h et
Lorenzo, le responsable, est charmant. En cas de problème, (fort
improbable), il est toujours disponible : 928 51 12 85. Fax du port
(toujours bon à avoir dans ses bonnes adresses) : 928 51 14 62. Et
le mail: reservas@puertocalero.com
Sur le port il y a boutiques, restos, supermarché, laverie,
location de voitures...
Ship: Marina Lanza (Jean-Michel Alliot), Local 46. Mécanique,
électronique, froid. Tél: 928 51 45 66, portable: 616 28 65 74
Voilerie: "Driza Velas" près du supermarché : 919 868 223
En quittant PUERTO CALERO il faut flemmarder...
PLAYA QUEMADA: 28º 54 N et 13º44 W
J'ai aimé jeter l'ancre devant ce tout petit village de pêcheurs!
Face à la plage, protégée par les falaises. C'est est mignon tout
plein... Par contre, il faut se débrouiller pour mouiller par vent
Sud-Ouest... quand il est à l'Est on ne ferme pas l'oeil de la
nuit!
Resto à retenir: "7 Islas"... le poisson préparé y est fameux
PAPAGAYO: 28º 51 N et 13º 47 W
Papagayo, "perroquet" en espagnol... j'en adore la consonnance.
Des kilomètres de plages blanches. De magnifiques petites baies. Il
n'y a guère un jour sans soleil à Papagayo... La mer est claire...
on y pêche...on se met les doigts de pieds en éventail... le temps
s'arrête! Juste choisir sa baie et son point d'ancrage en fonction
du vent parce que quand il souffle... il souffle!!!
Par contre si pendant la journée des mouillages sont réservés
pour les bateaux-charters, on peut utiliser leur bouée vers 17
heures, dès qu'ils s'en vont. Et en cas de problème on est vite au
port refuge de PLAYA BLANCA.
PLAYA BLANCA:
28º 51 N - 13º 50 W
On trouve beaucoup de choses dans ce petit port de pêche du Sud,
des boutiques aux bars, en passant par les supermarchés et les
restos. C'est un des coins où le touriste s'agglutine. Trop... Le
port est ouvert au Nord-Est et ne présente aucun danger d'accès. Le
mole est très rapidement localisé et on vire ensuite franchement à
babord. Il faut faire attention à la zone de baignades. Mais s'il y
a des pontons flottants, ils sont quasiment tous pris par les
bateaux locaux et les ferries sont nombreux. La seule solution est
de se mettre à couple le long du quai. Appeler sur le canal 8 en
arrivant.
Mouillage: Impossible dans le port mais possible à l'est de son
entrée. Attention à l'aire d'evitage du ferry
À NOTER: Une nouvelle marina toute neuve qui était presque
terminée lors de mon passage. Les installations de cette nouvelle
"Marina Rubicon" ont été réalisées pour accueillir aussi les
catamarans. C'est vrai qu'il y en a de plus en plus et qu'il est bon
de penser un peu à leurs tailles! Donc à PLAYA BLANCA c'est
fait!
Site et mail de la marina: http://www.marinarubicon.com/
- mail@marinarubicon.com
On pourra y voir plein de boutiques, bars, resto, etc... et un
travel-lift pouvant soulever juqu'à 90 tonnes.
Mouillages: A l'abri des vents du Nord, on peut mouiller devant
PLAYA BLANCA. Et c'est ici qu'Enomis laisse LANZAROTE en tirant des
bords avec un brin de nostalgie. Cap 28º45 N et 13º 49 W...
L'ILE DE LOBOS:
C'était jadis un des repaires pour les phoques des mers chaudes,
les otaries. "Lobo" est leur nom en espagnol, il veut dire loup.
Antoine -si toutefois vous l'avez lu- en parle, lui aussi, de cette
île. A croire qu'elle vaut donc le détour... C'est un fait. Avec ses
couleurs, ses fonds transparents et ses oiseaux qui piaillent dans
tous les coins, on dirait une petite terre arrachée au paradis.
Ce jour-là, après avoir contourné une zone de rochers à fleur
d'eau, Enomis a trouvé une petite place devant l'unique baie du
minuscule port de "EL PUERTITO". La mini-passe n'est pas facile à
franchir. Au milieu des récifs, elle n'est accessible qu'aux petits
voiliers. Les quilles relevables y sont les bienvenues... Pour les
autres, il faut être plutôt vigilant. Il n'y a guère plus de 4
mètres d'eau à l'intérieur de ce petit lagon et seulement 1m 20 dans
la passe.
Ce jour-là, la météo était idéale: à l'intérieur, c'était un lac!
Il paraît que c'est rare... Mais il faut surtout rester en alerte et
fuir à la première rafale. Les abords de l'île peuvent devenir en
quelques minutes extrêmement dangereux. Il n'y a rien à voir sur
cette île à part une tour de guet avec son pont-levis en bois. On a
seulement l'assurance d'y trouver paix et tranquillité. L'ILE DE
LOBOS est classée réserve naturelle.
Mouillage recommandé: À l'extrémité sud de l'île et à l'Est de
"EL PUERTITO" (déconseillé à l'intérieur de la baie).
FUERTEVENTURA:
Que de vent à FUERTEVENTURA!!! Ma tête explose.
Nord-Est permanent. Le nom de cette île lui va comme un gant...
Heureusement, c'est une île de soleil avec un ciel presque toujours
extrêmement dégagé et bleu. Soleil et vent font la joie des surfeurs
qui viennent de tous les coins du monde lors des compétitions qui y
sont organisées. C'est une terre de larges espaces et de
solitude.
Elle est tès peu peuplée. L'intérieur de l'île fait penser à un
paysage de western avec des collines et des montagnes plutôt
arrondies. Je n'arrive pas à mettre le même enthousiasme à la
raconter comme j'ai pu le faire en parlant de LANZAROTE. Ce n'est
pas juste, c'est beau aussi! Car chacune des îles CANARIES a une
particularité qui lui est propre. Je vais essayer d'en parler avec
gentillesse :
Côté mer, les eaux de FUERTEVENTURA sont très poissonneuses et
abondent en espèces les plus variées et des concours de pêche sont
régulièrement organisés. J'ai été surprise de voir sur la côte de
nombreuses tours. Elles étaient une protection avancée contre les
pirates. Les villages sont plus reculés à l'intérieur.
Le nom de Béthencourt résonne très fort sur l'île où il apparaît
sous sa forme hispanisée... comme le village de BETANCOURIA par
exemple qui était l'ancienne capitale. Le nom descend du
colonisateur normand qui découvrit l'île sous le drapeau de la
famille de Castille.
La côte Est est exposée au Sirocco qui arrive de temps en temps
depuis l'Afrique. En fait toutes les îles sont exposées au sirocco
quand il souffle... Ces jours-là sont très désagréables. J'ai le
souvenir d'une conjonctivite et de vilains maux de gorge. Tout est
asséché par ce vent du désert. Il dure deux ou trois jours... une
éternité où on ne distingue même plus le paysage de l'île, et où
tout devient de couleur rouge sale.
Après l'ILE DE LOBOS, Enomis a mis le cap sur FUERTEVENTURA pour
une petite escale dans le Nord de l'île. Le passage secoue pas mal,
par houle d'Ouest, la mer est réputée hachée entre ces deux îles.
J'ai trouvé l'approche de la côte "fuerteventurienne" assez
dangereuse. Il y a des rochers en arrivant sur CORRALEJO, surtout au
Nord et au Nord-Ouest de l'entrée du port. Il vaut mieux contourner
largement. De plus avec les ferries inter-îles qui vont et viennent,
il faut ouvrir l'oeil et bien tenir la barre!
CORRALEJO: 28º 44N et 13º 52 W
L'intérieur du port est assez bien protégé. Il y a quatre
pontons, mais seulement un seul est sensé être réservé aux
visiteurs. Il y a l'électricité et l'eau... fortement déconseillée à
boire! J'ai bien aimé cet endroit. C'est un très sympathique port de
pêche, mais le tourisme l'envahit hélas chaque jour un peu plus. Et
tout ça, parce qu'il y a du sable, du sable tout blanc... et des
dunes sur des kilomètres: Un parc entier de dunes!
Mouillage: On peut ancrer près de la plage dans la partie Sud,
mais il faut faire attention aux manoeuvres des ferries... et garder
l'oeil sur le sondeur. Les fonds sont très sales.
Bonnes adresses: Les tél et fax du port : 928 86 65 24. J'ai
découvert un très bon restaurant pour les spécialités de poissons,
face à la plage, Muelle Chico: "Restaurante Marquesina". Le super
marché "Morro la Vieja" est bien desservi. Pour le bricolage, il
faut aller chez " Rubens"
En quittant CORRALEJO, Enomis a pris la direction de la grande
"ciudade".
PUERTO DEL ROSARIO: 28º 28 N et 13º51 W
La capitale! Il n'y a pas grand-chose à dire... elle ressemble à
toutes les villes où pousseraient des immeubles gris et des silos!
L'entrée du port ne présente aucun danger. Il faut se diriger dans
la partie "pêcheurs" et se mettre à couple d'un de leurs bateaux.
Parfois il y a aussi de la place du côté du terminal des ferries.
Mais ce n'est pas l'idéal. Donc Enomis a continué... Il n'est pas
allé loin, seulement au 28º 23 N et 13º 51 W
CALETA DE FUSTES
... pour trouver la nouvelle marina de PUERTO CASTILLO. Elle
offre toutes les facilités d'un village de vacances et surtout 3
nouveaux pontons avec catways, eau et électricité. Toutes les
commodités y sont et un bus va régulièrement à PUERTO DEL ROSARIO.
Il y a 116 places pour le moment et un travel-lift pouvant soulever
20 tonnes. Sur place : restaurants et supermarchés, laverie,
location de voitures, etc... La sécurité y est 24h/24. Mais
attention, à l'entrée de ce nouveau port où il faut contourner des
récifs lors de l'approche. Ceux-ci sont nombreux et pas forcément
mentionnés sur tous les pilots-charts.
Bonnes adresses à PUERTO CASTILLO:
PORT: Tél : 928 16 35 14. Fax : 928 16 39 99. Mail:
marcan@abaforum.es
Mécanique: "Delfin Servicios" : 928 85 04 59
Electronique: "Home Services" .939 74 79 98
Electricité: "Saavedra" : 928 53 81 65
Inox: "Inox Fuerteventura" 928 53 80 75
Voilerie: "Fuerte Velas" Calle Primera à TARAJALERO: 928 16 10
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En quittant Puerto Castillo, Enomis avait envie de faire un peu
de farniente loin des pontons et de leur animation. On a découvert
le calme à deux milles plus au Sud.
LAS SALINAS:
Un mouillage bien tranquille. Bien protégé par le Nord et le
Nord-Est. Dans le petit village juste en face de nous les
restaurants de poissons valent leurs étoiles! Pourquoi ne pas
continuer à farnienter quand on est si bien au mouillage! ... alors,
on est allés s'ancrer à :
POZO NEGRO: 15º 19N et 13º 53 W
C'est une petite baie un peu plus difficile d'accès, mais toute
aussi tranquille. Encore un mouillage protégé des vents du Nord tout
en étant un peu remuant. ... Mais quand il a commencé à voir les
plages trop pleines de touristes, Enomis a fait un peu la tête. Je
le soupçonne de ne pas trop aimer le bruit! Alors, on a continué et
on a passé TARAJALERO.
Mais les plages et les touristes étaient toujours là à bronzer!
Toute cette zone de FUERTEVENTURA est en plein développement. On
n'arrête pas de longer des résidences de vacances après LA PARED.
Elles poussent comme des champignons.
Petite hésitation avant de traverser vers la GRAN CANARIA... que
va-t-on faire? Alors, on s'est arrêté une dernière fois.
MORRO JABLE:
Attention, un hydrofoil!!! Il arrivait à grande vitesse bien sûr.
Ça commençait bien... Bon, cela dit, dans le port on se sent assez
bien protégé par une nouvelle digue pleine de brise-lames à
l'extérieur... alors qu'à l'intérieur c'est le quai... de
l'hydrofoil bien sûr! Il paraît que le vent souffle souvent en
rafales de 50 noeuds dans le coin. Ah bon... Il y a des pontons
aménagés et il vaut mieux passer sur le canal 9 de la VHF pour
aviser de son arrivée.
Mouillage: Il y en a un dans la partie Ouest du port. La tenue
est médiocre.
Bonnes adresses: Juste un restaurant: "la Cofradia" qui propose
des poissons excellents à des prix raisonnables. Tél : 928 54 01
79
Par contre dans les hôtels à touristes à proximité du port on
trouve tout... ce qu'aiment les touristes en mal de soleil. Je
noterai cependant avant de partir des plages désertes à JANDIA et un
bon mouillage à PUERTITO, village près du phare.
Le lendemain nous étions d'accord avec Enomis pour larguer. Il
fallait juste z'yeuter la météo et se préparer à être un peu secoués
entre les îles. FUERTEVENTURA était définitivement cernée au travers
d'une belle balade par la mer. Quelques milles plus loin et quelques
heures plus tard, une autre terre nous accueillerait avec tout
autant de charmes à découvrir.
GRAN CANARIA :
La "Grande"! "L'île des Guanches" ... (Quoique les
Guanches se rencontraient également à Ténerife). Son nom ne
viendrait pas de sa superficie mais plutôt de ses premiers habitants
qui ont lutté avec beaucoup de courage contre les pirates et
l'invasion espagnole.
Cette île est incroyable en contrastes. J'y ai photographié des
bananeraies, des kilomètres de serres où rougissaient des tomates,
des pics rocheux où s'accrochait ce jour-là une mer de nuages, des
forêts de mélèzes (ou pino canario), des près avec des vaches, des
dunes... plein de dunes, tout un désert de sable qui m'a fait
imaginer que je pouvais me trouver au Sahara!
C'est le coin des Canaries où j'ai vu également le plus de sites
archéologiques. Tout autant de leçons d'histoire à ciel ouvert! Près
de MASPALOMAS un village "Guanche" a été reconstitué avec des
mannequins plus vrais que nature... à visiter absolument pour se
donner un aperçu de la vie locale à cette époque.
Ils vivaient en autarcie.
Dans ce village recréé, on peut suivre les Guanches depuis le
berceau jusqu'à la mort qu'ils figeaient dans des techniques
d'embaumement particulières qui leur étaient propres. On peut
observer les gens aux champs, à l'école, à la maison, lors d'un
jugement sur la place publique où le condamné était forcément
exécuté la tête écrasée par un rocher.
Ce peuple se cachait dans des vallées quand il voyait
l'envahisseur arriver par la mer et il était impossible de le
retrouver dans les montagnes percées de cavernes qui étaient leurs
réfuges. La vallée de Guayadeque a toujours son village troglodyte
que les cars entiers de touristes viennent visiter... Il faut
choisir son jour pour ne pas croiser ces excursions trop
bruyantes!
Le climat de la Gran Canaria a sa petite réputation bien méritée.
L'Unesco le présente comme étant "le meilleur du monde"! Pour avoir
vécu personnellement à MOGAN de très nombreux mois sur plusieurs
saisons je peux confirmer combien c'est vrai!!! Sauf... lorsqu'il y
a une tempête de Sud-Ouest (ce qui arrive au moins une fois par
an!)... alors le port peut afficher en quelques heures une vision
d'apocalypse! Cet hiver MOGAN a vu sa digue fissurée, son phare
détruit, et un ponton complètement arraché. Je ne parlerai pas des
dégâts matériels... A croire que le soleil a un prix! Pourtant ce
n'était ni une tornade, ni un ouragan, ni un cyclone... juste un
coup de vent un peu plus sérieux que ceux auxquels Eole nous habitue
toute l'année.
Ordinairement ce sont des vents de
Nord-Est qui soufflent de façon quasi permanente. Un conseil, au
risque de me répéter : toujours se méfier des accélérations entre
les îles qui peuvent arriver en catimini. Ces effets Venturi sont
toujours impressionnants à passer. J'avoue pourtant avoir déjà dû
traverser au moteur faute de vent! Comme quoi... Mais, dans le
doute, Enomis a toujours pris son ris de sécurité avant de
s'engouffrer entre les terres. Et je me garderai de me moquer de
lui...
Il n'est jamais allé se promener sur la côte Nord de GRAN CANARIA
trop exposée à la houle et aux vents dominants. (Et pourtant il
semblerait que ça y souffle moins que dans l'est et dans l'ouest!).
Après FUERTEVENTURA nous sommes arrivés directement sur LAS PALMAS
en s'étant faits un peu chahuter au passage, mais c'était
prévu...
LAS PALMAS: 28º 08 N et 15ª 25 W
Quel grand port! Posé au carrefour de l'Atlantique
il est vraiment le lieu idéal pour préparer la "Grande Traversée".
La ville est dynamique et le côté plaisance est en plein dans son
coeur. Cette cité me fait un peu penser à Rio de Janeiro pour ceux
qui ont la chance de connaître. Avec sa grande promenade piétonne où
courent les citadins écouteurs aux oreilles, sa grande avenue
maritime, ses coups de klaxons, sirènes, grincements de roues... ses
buildings modernes, ses parcs fleuris, son soleil, ses esclaffades
de voix, sa grande baie ouverte sur l'océan... on se croirait déjà
de l'autre côté de l'Atlantique.
Enomis y est arrivé facilement et l'entrée du bassin de Puerto de
la Luz est bien balisée. Le port de plaisance est complètement
séparé de la partie commerciale. Les pontons sont tous aussi
accueillants les uns que les autres et bien équipés en
eau-électricité. Certains sont privés mais à noter le ponton
d'accueil No 10, bien repérable à sa "faune" haute en exotisme et en
couleurs. Appeler le 10, le 12 ou le 16 par VHF comme toujours avant
d'entrer, c'est préférable. Dans l'attente d'une place, on peut
également s'amarrer le long du quai de la station Texaco. "Don
Pedro", l'incontournable personnage du lieu, se fait toujours un
plaisir d'aider le nouvel arrivant.
J'ai relevé un tas d'ateliers spécialisés. Sans
compter une zone technique où se rencontre tout ce qui est
nécessaire pour la maintenance de nos chers bateaux. Il y a le gage
de la garantie autant que celui de la qualité. Les services
d'assistance sont là. Le travel-lift peut lever 60 tonnes et des
catamarans jusqu'à 6 mètres de large. Bref, il y a tout ce qu'on
peut souhaiter. Les tarifs pratiqués sont (en principe) hors taxe et
il a une possibilité de se faire envoyer du matériel sous
douane.
Le bureau du port est souvent à bonne distance de son petit
canote personnel. Prévoir de bonnes chaussures à LAS PALMAS, il faut
toujours marcher! Tout est loin...
Formalités: Comme dans les autres îles, se présenter à l'office
avec les papiers du bateau et une pièce d'identité si on est de la
CEE, ou passeport pour les autres ressortissants.
Tél et fax de la marina : 928 24 44 08. Mail :
marinaptoluz@telelive.es
Ponton privé à signaler: Le ponton No 13 accueille volontiers les
navigateurs de passage en cas d'affluence aux pontons "du port".
C'est un ponton d'exposition de bateaux à vendre. Marta et Justo en
sont les propriétaires et se débrouillent toujours pour rendre
service le temps d'une nuit ou d'un séjour à plus long terme (selon
disponibilité de places bien sûr). Je les recommande, c'est "mon"
ponton lorsque je viens à Las Palmas et je ne suis pas prête de
changer mes habitudes! Leur tél : 619 828 068. Tarif: Plus ou moins
300 euros/mois pour un bateau de 12m/4m (eau et électricité
comprises). Ça dépend du ponton...
Mouillages: Juste en face la plage,
sur la droite avant de pénétrer dans la marina, un sympathique petit
coin est réservé aux adeptes du mouillage. Ça bouge souvent avec les
vaguelettes provoquées par le va-et-vient des cargos et des ferries,
ou du vent... mais c'est supportable! Quoiqu'en ce moment ils
agrandissent la digue et leurs travaux me cassent les oreilles dès
8h du matin... avec pluie de poussière en prime. J'ai remarqué
qu'aux Canaries c'était fréquent les travaux de ce genre! : merci le
tourisme...
Shipchandlers:
"Delmar" qui sera
prochainement installé sur le port. tél : 928 29 05 05. mail : 928248726@telefonica.net.
Philippe (un français... idéal pour les français...) vous dira
toutes les adresses dont vous aurez besoin. Installé depuis de
nombreuses années à LAS PALMAS il connaît tout!
Mais il y a aussi: "Nauti-Sport"... ou "Commercial Rofer" à
Cébadal et sur le port où tout est réuni de Plastimo à Vétus en
passant par Jabsco, frigoboat, Magellan etc... Dans ce quartier de
Cébadal j'ai été surprise d'y voir concentrés toutes les grosses
industries de la place. C'est l'adresse à garder pour donner au
taxi... à moins de prendre le "gwa-gwa" (le bus local si on
préfère), le 15, il y en a un toutes les vingt minutes.
Mécanique: J'en connais un qui fait des miracles! Téléphonez-lui
de ma part. Il est rapide, consciencieux, efficace et s'appelle...
Jesus. Ce n'est pas une blague! Son phone : 607 42 80 65
Je peux citer aussi: "Fueraborda SL" tél : 928 20 12 42.
"Talleres Hernandez" : 928 27 06 78
"Feroher"... Pour un problème de poulie il ne faut pas hésiter à
utiliser leurs services, ce qui a été mon cas. Le travail est fait
consciencieusement. Je suis sûre que la nouvelle poulie tiendra
encore bien des mois!
Electronique: "Colombus Navigation" Mail : michelhenri@airtel.net.
Michel Fraysse est français et agréé auprès de grandes marques comme
Simrad, Raytheon, Amel, distributeur B&G, etc... Vous pouvez
appeler au 928 14 29 78 ou sur le portable 607 18 25 30 : il est
toujours là rapidement pour vous dépanner.
Voilerie:
"Vela Linton", calle Alfredo Calderon. Charlie et Philippe (sympa
comme tout...) Tél : 928 29 19 34
"Alisio Sailing center" Pratique car ses ateliers sont sur place
sur le port.
"Tatel Sails"... José le patron est un espagnol qui fait un
travail très soigné avec du matériel de qualité et je le recommande
personnellement. L'ennui c'est qu'il est dans le Sud de l'île. Mais
il se déplace.
"Benoît" qui travaille pour son compte, 60, rue Artemi Semidan
Tél : 928 46 75 51
Soudures: Un seul nom, "Jeff". Vous pouvez lui parler français,
c'est sa nationalité! Il fait du travail de professionnel aux
finitions soignées. Ses prix sont très corrects. Appeler 678 84 98
95. Il représente aussi la fameuse ancre Spade et sa petite soeur
l'Océane... toujours No 1 sur le marché américain!
Sans vouloir faire de publicité, je confirme pour l'avoir à bord,
qu'Enomis se sent drôlement mieux depuis qu'il mouille avec une
Spade! Quelle tranquillité... La sécurité n'a pas de prix.
Avitaillement:
Difficile de dire qu'un super marché est mieux qu'un autre, il y
en a beaucoup à LAS PALMAS! Ils pullulent en ville et dans les
alentours. On peut s'approvisionner aussi bien à: Carrefour...
Super Sol... hyper Sol... El Campo... Le Corte Ingles... On profite
d'être à LAS PALMAS pour y faire tous ses achats. A savoir que la
plupart des super-marchés livrent à bord. Alors ne pas trop se
casser la tête et commander! Ne pas oublier le fameux "Jamon
Serrano" qui fera toujours le délice des apéros... ou des heures de
quart une fois parti!
Restaurants: Là aussi le choix est délicat. Il y en a tellement!
J'ai un faible pour :
"Casa Manolo", typiquement local, près de la place Santa
Catalina.
"Amigo Camilo" au bout de la plage de Las Canteras. On y mange du
bon poisson très frais. Accroché aux rochers il a une magnifique vue
sur la mer.
Près du ship "Delmar" il y a un excellent resto libanais.
"Bar Julio" Calle Lanaval, dans l'Isleta. Il est cher mais on
n'en sort pas déçu...
Et puis dans la vieille ville les restaurants de "tapas",
spécialités locales, sont nombreux. A chacun son choix.
Sur le port la qualité est médiocre et il y en a peu.
ARC: "Atlantic Rally for Cruisers" Eh oui... on ne peut pas
parler de LAS PALMAS sans souligner que tous les ans s'y réunissent
près de trois cent bateaux pour traverser l'Atlantique vers Santa
Lucia. C'est l"évènement" dont Jimmy Cornell est l'instigateur. Le
départ, qui est fixé chaque année le dernier dimanche de novembre,
est un jour arrosé et scandé de coups de cornes de brume pour en
chanter le départ qui est coloré de grands pavois.
Dur de quitter LAS PALMAS tant il y a de choses à faire et à
visiter. Enomis a eu du mal à s'arracher du ponton. Il devenait un
peu fainéant sous les sunlights... Pourtant c'est tellement beau le
Sud! Et la grande ville on n'aime pas beaucoup...
Alors un matin les voiles se sont gonflées et on est reparti. ...
en suivant la côte, calmement, en regardant le paysage, sans même
tirer des bords! On a passé l'aéroport avec de bonnes accélérations
locales et ça dansait. Là on a changé de cap pour arriver sur PASITO
BLANCO.
PASITO BLANCO: 27º 45 N et 15º 37 W
Le premier port aménagé et abrité après LAS PALMAS. Pour y
arriver il faut encore longer des kilomètres de plages et de corps
en adoration du dieu Soleil. Il faut passer MASPALOMAS et ses
fameuses dunes de sable. L'entrée de la marina est sans problème si
on garde un cap plein Nord pour s'engager. Elle est très jolie
entourée de villas aux jardins fleuris. Il vaut mieux toutefois
avertir de son arrivée sur le canal 16. Les pontons sont bien
entretenus et équipés d'eau et électricité. Il y a 400 places...
mais rarement de place disponibles! De plus il n'y a rien... ni
restaurant, ni ship, ni boutique... C'est juste une oasis posé là
sur la côte.
Le propriétaire est suisse. Les sanitaires sont impeccables... et
la sécurité y est garantie jour et nuit. On y trouve une excellente
zone technique bien gardée et le travel-lift soulève 40 tonnes. J'y
ai vu quelques ateliers de réparation en électricité, mécanique,
bois, fibre de verre, hydraulique, froid, peinture etc... Mais il
vaut mieux réserver longtemps à l'avance pour avoir une place aussi
bien dans la marina que sur le chantier naval.
Facilités de la marina: RIEN... il n'y a rien! Ce coin est
totalement isolé. Il faut louer une voiture ou se taper des
kilomètres pour aller prendre le bus de Maspalomas la ville la plus
proche.
Un mail toutefois pour info: c.y.pasito_blan@teleline.net,
et un No à joindre : 928 14 21 94 Fax : 928 14 25 46
Enomis et moi rêvions d'autre chose... d'un mouillage
tranquille... on est allé le chercher à ARGUINEGUIN et on ne l'a pas
regretté.
ARGUINEGUIN: 27º 45 N et 15º 41 W
Adorable ce petit village de pêcheurs! Mais ne pas compter sur
les quelques pontons du port, ils sont exclusivement réservés aux
barques multicolores des pêcheurs.
Mouillage: On a jeté l'ancre entre le port et la plage. La
réputation de ce fond est "vaseuse", mais on y est allé
tranquillement comme d'habitude. Et il n'y a pas eu de problème. Il
n'y a bien eu que le ferry à nous enquiquiner au petit matin en
partant sur TENERIFE! On l'a maudit... mais on s'est rendormi avec
une faible houle qui rentrait doucement pour nous bercer sous le
soleil levant.
Dans la journée, d'un coup de Zodiac, je suis allée à terre en
accostant à un des pontons. J'ai pu faire le plein d'eau et de
bonnes choses dans un grand supermarché très proche. J'ai retrouvé
mes pêcheurs et j'ai eu droit à une petite bonite! Faut dire que je
les connais depuis toutes ces années où je rôde dans le secteur. Ça
fait plaisir de les revoir!
Les enfants sont devenus adultes et les vieux sont un peu plus
penchés sur leur cannes, le chapeau éternellement vissé sur le
crâne. J'aime les gens d'ici. Il y a encore pleins de traditions qui
sentent bon les Canaries. Ça devient rare!
Bonnes adresses:
La zone technique: Elle a un travel-lift qui lève 60 tonnes. Ce
n'est quand même pas l'endroit idéal pour sortir son bateau parce
que la maintenance n'est pas sur place.
Avitaillement: Super marché SPAR
Restaurant: Mon préféré: "La Cofradia", situé sur le port, c'est
le restaurant des pêcheurs. Plus frais comme poissons, y'a pas!
Le lendemain, Enomis a eu envie d'aller voir ce qui se passait
devant le nouveau complexe touristique juste derrière la pointe
.
ANFI DEL MAR:
Ce qu'on a découvert? Un gigantesque complexe de vacances, une
succession de buildings en tâche grise sur la montagne toute aussi
grise... une bordure artificielle de sable qui en principe était
blanc... On s'est approché... On n'a vraiment pas eu le courage de
mouiller devant la plage, dans ce ronronnement perpétuel de
jets-skis et des bananes gonflables chevauchés de touristes en quête
de sensations fortes. On s'est dit qu'orienté comme il était, ce
mouillage par vent du Sud doit être l'enfer! Des drôles de bateaux
charters y crachaient des hurlements qui devaient être de la musique
et des chants d'été... On a fui laissant ANFI... aux
"anfibiens".
Décidément, mon Enomis n'est pas copain avec la foule! Et moi
donc... A noter cependant une marina à ANFI avec plusieurs pontons
appartenant au Club de Vacances. Il y a parfois des places (toujours
provisoires) et les pontons sont bien aménagés et gardés. Mais à
part les boutiques et restos de médiocre qualité de ce complexe de
haut niveau, il n'y a rien à mentionner d'interessant... sauf si on
veut investir dans du timesharing!
PUERTO RICO:
C'est tout neuf et ça ressemble à un... essaim d'abeilles! Il y a
des hôtels, des hôtels et des hôtels. Et c'est tout blanc! C'est
cette vision qu'Enomis et moi avons eu depuis la mer en arrivant. Il
y a deux petits ports et on s'est demandé dans lequel aller. Les
deux entrées sont très faciles d'accès et très bien balisées.
Il faut appeler le canal 8 si possible avant d'entrer et aller à
"PUERTO BASE" qui est ouvert au Sud. Là, un grand mur à côté de la
"gazolinera" accueille le nouvel arrivant et le bureau pour les
papiers est juste à côté. En période de transhumance automnale il y
a peu de chances d'avoir une place si on n'a pas réservé. Il y a de
nombreux pontons et plus ou moins 600 places, mais ces places sont
rares. Les sanitaires sont bien entretenus et le centre commercial à
proximité offre tous les avantages... d'un centre commercial nanti
de bars, restos, boutiques, salles de jeux etc... Tout le monde a
droit à ses vacances!
Marina: Tél : 928 561 632. Fax : 928 56 16 32
Zone technique: Elle a une très bonne réputation. Plusieurs
ateliers sont sur place, et, à mon avis, c'est le meilleur endroit
du Sud pour sortir son bateau. Les bonnes adresses de LAS PALMAS
sont à retenir pour acheter le matériel et contacter les différentes
sociétés de maintenance qu'on ne trouverait pas localement. Le
travel-lift soulève 30 tonnes.
Ship: "Paradise", avec Brian le patron américain aux chemises à
fleurs. Son échoppe est à l'intérieur même de la zone.
Mouillage: Aucun.
En fait, on a vite fait le tour de PUERTO RICO. Enomis n'avait
plus qu'une hâte à présent, remettre les voiles... quoiqu'il savait
que Sir Perkins devrait travailler pour lui faute de vent... Parce
que quelques brasses plus loin un hâvre de paix nous attendait.
MOGAN:
Quelle émotion pour moi de parler de MOGAN! Enomis
y a subi une cure de rajeunissement en 1998... et moi une remise en
forme, ô combien délicate et nécessaire à l'époque! C'est là que
nous nous étions posés après une première descente de Toulon aux
Canaries l'histoire de nous tester mutuellement. Je venais
d'acquérir mon petit bateau... depuis nous ne nous sommes plus
jamais quittés. Dix huit mois que nous y étions restés! Avec
seulement quelques échappées autour des îles.... Puis une remontée
en France... une escale d'une saison au Maroc... et tant d'autres
choses...
L'année dernière nous y sommes revenus pour quelques mois. Chaque
fois que nous avons besoin de "faire le point" c'est toujours MOGAN
que nous rallions Enomis et moi. C'est notre repaire à nous....
Notre jardin d'Eden.
De la mer le village apparaît, typique, original, fleuri,
calme... Des montagnes l'entourent. Lui est posé au bout d'une
antique vallée. C'est la paix sur cette terre. Il y a peu de temps
encore il était coupé du monde. Un petit chemin ânier a laissé ses
traces en bordure de la seule route nationale d'accès. Les moganais
s'en souviennent. Les vieux aiment raconter cette époque pas si
lointaine. Et j'aime les écouter égrenner leurs souvenirs.
27º 49 N 15º 46 W L'entrée se fait facilement. La capitainerie
toute carrée est vite repérée. Il faut se mettre au quai d'accueil
si on arrive de nuit... Le jour, attention! Ce môle est réservé aux
bateaux-taxis qui font la navette avec PUERTO RICO et ARGUINEGUIN.
Si vous n'avez pas réservé il y a peu de chances d'avoir une place.
Pourtant il y a 200 places environ. Mais beaucoup de bateaux ont
décidé d'y prendre leur "retraite". C'est le cas pour une majorité
de scandinaves, d'anglais et d'allemands.
Bonnes adresses:
Marina: Tél : 928 56 56 68. Fax : 928
56 50 24. Mail : pmogan@canaldirecto.com.
Le canal d'appel est le 12. Les bureaux ferment à 15h. Maria-Térésa,
la responsable, se mettra en quatre pour vous rendre service. J'ai
rarement rencontré une personne aussi dévouée et serviable. Quant
aux marineros... se sont tous des "personnages" incontournables. Il
faut passer par eux obligatoirement.
Tarif: Plus de 400 euros/mois pour un bateau de 12m/4m sans
compter l'eau et l'électricité qui sont facturés en plus. Le soleil
a un prix...
Mouillage: Face à la plage, par 7 à 10 m, il est souvent remuant.
L'hiver les bateaux doivent rentrer dans le port par coups de vent
de Sud et Sud-Ouest. Dans ce cas c'est intenable. La houle y est
terrible! Ça roule... Mais il est si beau, sous la falaise, en face
la plage! Il n'y a pas encore trop de motor-bikes... pour le
moment..
Zone Technique: Son travel-lift est tout neuf et appartient à la
Coopérative de pêcheurs "Cofradia". Il lève 100 tonnes. La zone
n'est pas fermée donc pas très sécurisante. Parfois les outils
disparaissent...
Ships:
- "Sunshine". Mike en est le propriétaire... plus british que
lui, y'a pas! Il est de plus très cher.
- "Paradise" que l'on
trouve aussi à Puerto Rico.
Restaurants: Malheureusement ils sont de plus en plus pour les
touristes de passage. Le top de ma préférence ira à :
- "Jakot le Négro" Ne réservez pas... ou faites-le la veille. Il
refuse le téléphone! Mais ses tee-bones au feu de bois vous
laisseront un éternel souvenir.
- "La Tortuga": Sur le port. On ne peut pas le rater! Cathy est
française, navigatrice, et, si elle n'est pas aux fourneaux elle
manage son restaurant avec un accueil qui lui ressemble.
Avitaillement: Il y a un grand super-marché avec un délicieux
traiteur et du pain tout chaud fait sur place plusieurs fois dans la
journée. Ils livrent à bord. C'est pratique! Le "plus" du Mogan: Le
Cyber. Chris le manager a eu la bonne idée de louer des antennes
pour capter Internet directement à partir de son propre bateau. On
pose l'antenne sur la bôme... et hop, on est branché sur le net
24h/24. Pour un prix modique de 60 euros par mois. C'est purement
génial.
Que dire encore de ce petit port? En quelques lignes ce n'est pas
facile j'en ai plein les yeux et mon coeur déborde. Reste à chacun
de l'apprécier comme il le ressent s'il passe par là. Une fois de
plus Enomis et moi allons lui faire des infidélités en partant. Cap
les îles Occidentales cette fois, en commençant par TENERIFE. Pas
très loin d'ici, mais en s'engouffrant encore dans le goulot des
accélérations inévitables. Au revoir MOGAN... on se retrouvera!
MON APPROCHE OCCIDENTALE :
TENERIFE:
Partis au petit matin de MOGAN, Enomis se faisait
bien tabasser pour aller sur la Grande Ile! Il était secoué comme un
shaker... Les accélérations sont arrivées, en douce bien sûr, et en
quelques minutes on a été pris un peu dans tous les sens dans 40
noeuds de vent. Les vagues passaient par dessus la capote et il
fallait s'accrocher à la barre. Bon... l'éternelle situation du
coin, quoi!
Enomis était prévenu et, le pauvre, il négociait les vagues comme
il pouvait, au mieux. Il filait sous trois ris. Il préfèrait la
prudence plutôt que de prendre le risque de déchirer la voile, chose
fréquente par ici. Le pilote automatique avait sauté, alors le
régulateur tracait tout seul le sillage... On savait qu'il n'y en
avait que pour quelques heures. Ce qu'on découvrait dans l'approche
de TENERIFE était fascinant.
Un petit point grossissait, grossissait, grossissait au fur et à
mesure qu'on approchait. C'était un cône singulier qui sculptait
l'horizon... comme un "téton". On ne voyait que lui : Le Teide! Faut
dire qu'il culmine à 3 718 mètres... difficile de ne pas avoir le
regard attiré par ce monstre.
TENERIFE est une terre de superlatifs:
C'est la plus grande des îles Canaries, on y trouve la plus ancienne
ville, la plus haute montagne d'Espagne, les plus grandes forêts...
Elle est incontournable par le touriste qui la préfère souvent aux
autres. Les hôtels se développent dans tous les coins offrant
vraiment le luxe à petit prix... souvent cassés d'ailleurs...
Ses vallées sont belles, les jardins botaniques y prolifèrent.
Quant aux mouillages, ils sont à la hauteur de leur bonne
réputation. Avec Enomis on était bien décidé de s'y prélasser,
surtout quand on sera arrivés dans le Sud. Le climat y est tellement
agréable! Et puis on sait que pour visiter l'île il faut prévoir
plusieurs jours si on veut tout découvrir.
C'est tellement grand TENERIFE! Alors autant trouver un port pour
y laisser son petit bateau en toute sécurité puis louer une voiture
et jouer les terriens le temps de faire un tour à l'intérieur.
Il faut absolument visiter la vallée de La Orotava, la route le
long de la crête, grimper sur le fameux Teide et découvrir sa plaine
de lave... (attention les cardiaques, crapahuter là-haut ne vous est
pas trop recommandé!). Mais il y a un téléphérique qui mène au
sommet où la vue sur tout le chapelet est magique quand le temps est
dégagé. (20 euros A-R/personne)
SANTA CRUZ DE TENERIFE:
Enomis avait hâte d'arriver... et moi donc! Les accélérations
avaient été fortes. On était fatigué. On pensait aller dans la
marina du centre ville, ce qui serait une bonne solution pour
visiter SANTA CRUZ quand on se serait reposé.
A LAS PALMAS on nous a parlé de cette nouvelle "Marina del
Atlantico". Localisée dans la partie droite du centre ville et dans
le Nord du vieux bassin, elle est bien séparée de la partie
commerciale par un grand môle. En quittant MOGAN on a donc pris un
cap directement dessus.
MARINA DEL ATLANTICO: 28º 28 N et 16º 14 W
La marina est facile d'accès avec une entrée très large. Le
bassin est également très long Il suffit de suivre l'alignement des
bouées ou des feux pour rentrer. De nuit, l'enseigne verte du Corte
Inglès (Galeries Lafayettes locales) est bien plus visible que le
feu vert d'entrée du port. De jour, l'immeuble très futuriste du
nouvel auditorium est un excellent amer.
Les pontons, munis de catways, ont tous l'eau et électricité. Les
marineros y sont très serviables et gentils et ils nous ont
gentiment aidé à nous amarrer... Ce qui n'est pas le cas partout,
habituellement avec eux c'est : débrouille-toi! Enfin, je mens un
peu... personnellement je n'ai pas à me plaindre! Ce qui n'est pas
le cas de tout le monde semble-t-il!
J'ai trouvé que face au centre, les avantages de cette marina
sont aussi nombreux que les inconvénients! Si c'est commode, c'est
aussi bruyant. Dommage... Mais le ponton "visiteurs" est accroché du
côté de la digue. Alors le bruit de la ville y est amorti.
Informations: "Darsena Comercial de Los Llanos" Tél : 922 29 21
84 Fax : 922 24 79 33 Mail : marinadelatlantico@ctv.es
Gaz-oil: Prix : 0,30 et 0,40 euro /L
Laverie: Il y a plusieurs machines à laver en self-service
Travel-lift: Jusqu'à 70 tonnes et syncrolift jusqu'à 2000
tonnes.
Tarif port:
Pour un bato de 12 m/4 m : 16,32 euros/jour
- Moins 10% pour 1
mois
- Moins 20% pour 3 mois
- Moins 30% pour 6 mois
ATTENTION : réserver, spécialement à la période de fin d'année
lors de la grande transhumance sur l'Atlantique. De toutes façons
les places sont rares dans TOUS les ports des CANARIES! Et savoir
qu'à LAS PALMAS c'est pire!!! On vire carrément les bateaux à cette
période et à MOGAN, comme je disais, oh lala, ... n'en parlons pas!
Ces mois-là on s'en détourne c'est plus prudent! La bonne nouvelle
serait de dire qu'il y a aussi un autre port à SANTA CRUZ :
PUERTO CHICO, DARSENA PEQUENA: 28º 30 N et 16º 13 W
Réservée pour les plus petits voiliers. Les moins de 12 m ont
leur chance d'y trouver (éventuellement) de la place sur un des 3
pontons nantis d'eau et d'électricité. Cette marina peut recevoir
une quarantaine de bateaux. Tél : 696 920 631 Fax : 922 591 390
Appeler sur le canal 9 en arrivant. Mail : pch@atlanthum.com
Bonnes adresses à SANTA CRUZ: On trouve des magasins divers dans
la zone industrielle côté pêcheurs mais surtout dans la ville et ses
alentours.
SHIPS:
- "La Marina" Tél : 922 549 136, l'unique ship sur le port.
-
" Mercado de Nostra Señora de Africa", un endroit où on trouve de
tout pour son bateau au milieu des marchands de bananes! A voir
absolument à cause de son originalité... Il est ouvert de 7h du
matin à 14h.
- "Thomas Fernandez Blanco Sucesors", Calle Santiago
)22 27 50 14, le manager Diego Fernandez connaît son travail et est
toujours prêt à rendre service.
- "Elyman", près du stade de
football est assez bien achalandé en matériel divers.
Mécanique:
- Automocion Canarias SA, 922 6293 00 Mail : aucasa@teide.net
- "Garcia
Vidal", spécialiste Diesel, il est installé près de
l'autoroute.
-"Talleres Quintana" : 922 591 192, également
spécialiste Diesel.
-"Nautica y deportes" qui a aussi une
succursale dans le Sud à RADAZUL Marina. 922 27 76 80 Mail : nautica@iedatos.es
- Pour
Perkins, s'adresser à "Peje Canarias" 922 22 06 11, installé dans le
Sud de SANTA CRUZ. Site Internet: http://www.pejecanarias.com/
-
"Herzog/Comercial Masan 922 22 35 35 Mail : pabloado@teleline.es
Electronique:
-"Señor Medina" est recommandé par les pêcheurs. Il est au
premier étage sur le port.
- "Azul Marino" Agent Raytheon 922 680
422
- "Ecomarin" darsena pequena 922 54 98 65
- "Mr Horst"...
souvent félicité pour son travail consciencieux : 922 50 39 77
Bois:
"Coopérativa naval Tiñerfeña", gros spécialiste du bois dont la
réputation n'est plus à faire.
Froid :
- "Friogar", Calle Santiago, spécialiste surtout en air
conditionné. 922 21 91 56
- "Taller Olivera" pour les problèmes
d'hydraulique : 922 22 02 56
Voiles:
-"Luis Gonzales" qui travaille en liaison avec le ship Thomas
Blanco.
Avitaillement:
Le fameux marché : "Nostra Señora de Africa"... surtout à ne pas
manquer! Et puis les super-marchés Supersol, Mercadona, Continente,
Alcampo... Certains sont plus interessants puisqu'ils livrent à
bord, comme Hypersol. On peut s'y approvisionner pour tout le
necessaire à une transatlantique de plusieurs semaines.
Zone technique: Le travel-lift est situé dans l'aire des pêcheurs
de "Darsena Pequena". Il est donc privé et réservé à la
coopérative.
Mouillage: Je n'en connais qu'un à quelques brasses de là, au
Nord.Est, face au petit port de SAN ANDRES. Il n'est pas bien
protégé des vents Sud et Sud-Est.
SANTA CRUZ est bien déservie par un réseau d'autobus et les
locations de voitures fleurissent un peu partout. Le prix est très
attractif, il semblerait que ce soit l'endroit au monde où les
locations soient le meilleur marché. (compter + ou - 35 euros/jour
pour une saxo, km illimités)
Enomis et moi ne resteront pas à SANTA CRUZ. On était trop
attirés par le Sud. Les grandes villes ne nous retiennent pas malgrè
tous les avantages qu'elles offrent. On n'avait qu'une hâte au bout
de cinq petits jours : remettre les voiles et continuer. Ces
quelques jours, c'était juste le temps nécessaire pour "ressentir"
la trépidation de la capitale et se dire que ça ne nous
correspondait pas beaucoup.
Alors on a fait le plein de nourriture et d'eau. Les batteries
étaient chargées. On rêvait de nouveau de petits mouillages
tranquilles... Nous sommes partis sur un lever de jour zébré de
premières lueurs de soleil. On a longé la côte en passant
devant:
PUERTO CABALLO et sa raffinerie
PUERTO RADAZUL: 28º 24 N et 16º 19 W
J'ai situé sa marina privée devant un tas d'immeubles en
réalisant qu'une forêt de mâts poussait derrière la digue. J'ai
l'impression que par gros temps, l'entrée du port ouverte à l'Ouest
ne doit pas être triste à prendre! Elle paraît toute étroite....
mais l'eau y est paraît-il d'une limpidité! J'ai vu par la suite que
le quai d'accueil était à l'entrée immédiatement sur tribord
Prix: Pour un bateau de 12m/4m:
- moins de 15j : 14,42
euros
- de 31j à 90j : 11,54 euros
- plus... 10,10 euros/j
Avantages: Géographiquement, ce port semblerait le meilleur
endroit pour laisser son petit canote et partir à la découverte de
l'île. La marina est bien gardée et le bateau y est en sécurité. Tél
et fax : 922 680 933 Mail : ptoradaz@vanada.com
Zone technique: Pour sortir son bateau de l'eau, le tam-tam de la
mer rapporte que le chantier est à retenir et qu'un ship bien
approvisionné se trouve sur place... Alors... Et puis Santa Cruz
n'est pas loin et bien dessservi par les bus. Il y aurait un
travel-lift d'une capacité de 75 tonnes.
CANDELARIA: 28º 22 N et 16º 22 W
Enomis est passé sans s'arrêter. C'est plutôt une vieille ville
qu'on a aperçu... toujours avec un tas de constructions autour. Son
port est ouvert au Sud et comme celui PUERTO RADAZUL m'a paru étroit
et pas trop facile d'accès.... En toile de fond : des cheminées qui
crachent de la fumée. Ce n'est pas très engageant.
BAHIA DE ABONA: 28º 09 N et 16º 25 W
Un gros phare sert de repère pour y arriver. Et si on s'arrêtait?
C'était le première baie qui me paraissait sympathique depuis notre
arrivée sur TENERIFE et notre départ de SANTA CRUZ. On commençait
enfin à sentir le "Sud" comme disent les locaux, on se sentait "en
vacances". Curieux cette sensation quand, comme moi, on choisit de
vivre sur l'eau. Peut-être est-ce du à la luminosité, peut-être au
ciel tout bleu réchauffé de soleil, peut-être est-ce le fait le fait
d'apercevoir un paysage de carte postale...
La baie s'ouvre à l'Ouest du phare. Il faut déborder des rochers
isolés et rester toujours bien éloigné de la côte car il y en a
d'autres, dont une coulée de lave au milieu de la baie qu'on
pourrait très bien prendre pour un môle de débarquement! Le petit
village de pêcheurs de PORIS DE ABONA, au Nord, est vraiment
sympathique!
Avec Enomis on y a mouillé sans regrêt. Par 5 mètre de fond
sableux, on était bien protégé. On se sentait bien. Puis mon Zodiac
à l'eau, et hop, direction un petit quai où il y avait même une
échelle pour grimper! A terre, je me suis régalée de poisson.
L'ambiance y était dans un petit bar où un "canario" grattait son
"timple" (sa petite guitare locale) en chantant avec deux ou trois
autres vieux pêcheurs. Enomis a roupillé pendant 3 jours et il m'a
envoyé promener... Je suis même allée me ballader jusqu'à la très
belle plage d'à côté, plus au Sud. J'ai vu qu'il y avait aussi la
possibilité d'ancrer face à elle. Mais avec tous les baigneurs c'est
moins calme. Et puis nous sommes repartis... tanquillement avec une
excellente météo. On n'avait pas trop de soucis à se faire... On
s'est laissé bercer, on a continué et dépassé d'autres mouillages
:
BAHIA DEL MEDANO:
Petite baie toute ronde... Mais face à l'aéroport le bruit des
avions nous a fait fuir.
PLAYA DE LAS TEJITAS:
Il est tranquille par vent Nord ou Nord-Est. Cependant au large
de la plage, les grands coffres d'ammarrage réservés aux pétroliers,
ne nous ont pas donné envie de jeter l'ancre.
LOS ABRIGOS: 28º 00' N et 16º 37'W
Avant cet endroit devait être bien agréable! Ce petit village de
pêcheurs accroché derrière un brise-lames a dû avoir du charme en
son temps. Aujourd'hui je sais qu'on y mange très très bien parce
qu'on vient de toute l'île déguster des fruits de mer dans ses
restaurants particulièrement réputés. Mais tout ce monde aperçu nous
a encore fait fuir... N'empêche que le site continue à être
fréquenté par bien des plaisanciers.
A voir: Lors d'une de mes excursions de terrienne j'y suis
revenue. Le mur intérieur de digue ressemble à ceux rencontrés à
Madère ou aux Açores ou encore à Las Palmas. C'est une véritable
oeuvre d'art! Tous les marins qui passent y laissent leur empreinte
avec un dessin ou une signature.
Mouillage: Il est près de l'entrée du port et à l'abri d'un
éventuel coup de vent de Sud. Le fond? Du sable.
LOS CRISTIANOS:
L'approche est sans difficulté. Mais le port est très visité par
les ferries et hydrofoils allant et venant de LA GOMERA. C'est un
des coins les plus touristiques de l'îles. Il y a des boutiques, des
boutiques et des boutiques, des restaurants "moyens", et il y a ce
qu'on trouve dans toute ville : Centre de santé, de courrier,
super-marchés, etc...
Mouillage: Il est officiellement interdit à l'intérieur du port
depuis quelques années déjà. Les bateaux de passage n'ont que le
choix d'aller se planter dans la partie Sud-Est qui est mal
protégée. Surtout mouiller le plus loin possible de la digue. Tout
ça à cause des ferries bien sûr! Il faut leur laisser la place de
passer. La tenue des fonds rocheux n'a pas une excellente réputation
surtout quand un coup de vent du Sud s'annonce. Ne jamais y laisser
son bateau sans surveillance.
Zone technique: Le chantier naval est sûr mais il est souvent
bondé. Il est géré par la coopérative de pêche. Tél : 928 790 014
Fax : 928 751 785 C'est un bon endroit pour préparer son voilier
avant la traversée. Le travel-lift peut lever 60 tonnes.
Ship: J'en ai vu un, mais pour trouver du matériel il vaut mieux
aller à SANTA CRUZ.
Laveries: Plusieurs, au choix, en ville.
PUERTO COLON: 28º 04 N et 16º 44 W
Enomis ne s'y est pas arrêté. L'entrée de nuit est déconseillée
parce que la confusion entre les lumières du port et du rivage n'est
pas un gag! De plus la houle a la réputation de balancer pas mal à
l'intérieur du port Sans compter que plein de récifs s'étendent le
long de la côte. Ce n'était pas très avenant. La marina est située
tout au Nord de la grande station balnéaire de "PLAYA de LAS
AMERICAS" (traduire la "ville du fish and ship"). Donc à part en cas
de tempête du Sud où elle présente un abri, il vaut mieux l'oublier.
De toutes façons c'est toujours complet!
PUERTO DE LOS GIGANTES:
C'est là , sous des falaises impressionnantes, qu'avec Enomis on
a décidé de faire notre dernière escale-ponton à TENERIFE.
On a fait un petit appel sur le canal 9 avant d'entrer. L'entrée
de LOS GIGANTES est orientée Nord-Est et est en forme de chicane.
Par vent fort de Nord, Nord-Ouest et Ouest il est carrément
dangereux de rentrer dans ce port. Alors je me dis qu'avec seulement
une toute petite brise comme aujourd'hui, Enomis a beaucoup de
chance! ... et me voilà bien malgrè moi à penser à la sortie!
La marina est très importante: 375 places. Il y a bien 20% des
places qui sont réservées aux visiteurs. Comme partout aux CANARIES
il est conseillé de réserver sa place de fin d'année. Les pontons
sont bien équipés avec eau et électricité. On sent que tout est
relativement récent. Par contre Enomis s'y est fait bercé par la
houle.
Prix: Pour un bateau de 12m/4m : 26,54 euros+ 5% de taxes
locales.
ATTENTION: Le port sera fermé à compter de septembre et pour un
an environ pour complète réorganisation.
Bonnes adresses: Marina 922 86 80 02 Fax : 922 86 06 37; Site
Internet . http://www.losgigantesmarina.com/.
Mail : Igmoffice@losgigantesmarina.com
Zone technique: Le chantier naval a son travel-lift qui lève 60
tonnes. Si on a besoin de spécialistes ils se déplacent, et, bien
sûr, rien n'empêche d'aller faire un tour à SANTA CRUZ pour trouver
du matériel. C'est juste un peu loin...
Ships: Plusieurs magasins qui ont un minimum... et plus! "
ferreteria Devora" dans la ville peut changer nos indispensables
bouteilles de gaz.
Boutiques et avitaillement: Beaucoup de boutiques et
super-marchés. Aucun problème pour trouver de quoi remplir ses
coffres.
Mouillage: J'en ai remarqué un petit, plus haut, au Sud-Est du
phare de PUNTA TENO. Ouvert au Sud mais protégé des vents Nord-Est.
A mon avis il n'est guère valable que pour la journée! Trop
risqué.
Une semaine après, la météo était bonne pour larguer et sortir du
port. nomis avait fait son plein, il était prêt.
Le reste de la côte de TENERIFE était trop hostile, quoique
spectaculaire et particulièrement jolie! Ce n'était pas pour nous.
De toutes façon je l'avais vue puisque j'avais loué une voiture pour
visiter. Superbe ballade que je conseille vivement! Nous
repartions... attaquer le passage vers LA GOMERA cette fois. Après
concertation, Enomis était d'accord pour partir de nuit. Il avait un
trop mauvais souvenir du goulot inter-île entre La GRAN CANARIA et
TENERIFE où on s'était fait vraiment secouer. Si je ne voulais pas
que mon petit bateau me fasse la tête, il fallait que je me plie à
ses exigeances... qui étaient celles de la prudence! La nuit, les
vents thermiques n'arrivent plus en catimini et les accélérations
ont tendance à mettre la pédale douce.
1 heure du matin: Ce soir le ciel est clair, il fait chaud, la
voûte céleste sera pleine d'étoiles pour nous accompagner... On est
sorti du port bercés par le ronronnement de "Sir Perkins". On humait
déjà l'air du large, on se sentait bien. Quelques brasses plus loin,
faisant face à la petite brise locale, Enomis s'est paré de ses
voiles... on était parti.
LA GOMERA:
Pendant la navigation il ne
fallait pas compter sur le paysage qui sûrement se dessinait, on
verrait ça au petit matin. Pour une fois les accélérations passaient
(presque) inaperçues. On n'a pas eu plus de 20 noeuds de vent! Une
caresse d'Eole... Une navigation idéale. A l'aube on a découvert une
île toute ronde qui venait à nous.. Elle me faisait un peu penser à
Madère. Toute verte, avec des montagnes et des vallées.
Pendant qu'Enomis était resté à SAN SEBASTIAN (c'est vraiment un
endroit rêvé pour partir flâner tranquillement!), je me suis régalée
à me promener à l'intérieur.
Mon coin pub': On dit que Christophe Colomb serait resté à LA
GOMERA un peu plus de temps que sur les autres terres de l'archipel
avant d'aller découvrir le Nouveau Monde. Ah!....
Décidément j'entends à peu près la même histoire depuis FUNCHAL,
en passant par PORTO SANTO, LAS PALMAS etc... On montre ses maisons,
il y a ses musées, son nom est accroché aux monuments où encore
donné aux rues ou places locales... A croire aussi que Christophe
Colomb aurait laissé beaucoup de traces en semant une notable
descendance dans ce coin de l'Atlantique. Sacré tonton
Cristobal!!!
Au XVI ème siècle, lorsque les navires españols traversaient ils
s'arrêtaient tous à San SEBASTIAN pour remplir leurs cales en eau et
nourriture. Si l'île est toujours la mieux située pour un départ de
transat, elle n'est cependant pas la plus commode pour y préparer
son bateau. Il manque trop de choses! On n'y trouve que le strict
nécessaire. Et le commander à TENERIFE ou à la GRAN CANARIA prend du
temps... car précisément les españols n'ont pas trop de notion de
temps ni d'urgence!... "Mañana"...
SAN SEBASTIAN: 28º 06' N et 17º 06' W
Conquis par cette terre toute verdoyante, Enomis et moi y sommes
restés plusieurs semaines. Mon petit bateau était tout content. Il
n'avait pas à se plaindre de cette marina si accueillante et bien
tenue. Il aura juste été un peu malmené par la houle. Quand le vent
du Sud s'y met, elle peut être terrible! Il paraît qu'il y a souvent
des flirts entre mâts et barre de flèches. Super pour faire
connaissance...
SAN SEBASTIAN est la capitale de ce bout de caillou occidental.
L'entrée du bassin est facile et très bien signalée de jour comme de
nuit. La digue à contourner est longue. Comme souvent dans la
région, les ferries et hydroglisseurs se chargent de faire
l'animation du quai principal. Bonjour le ressac! Il faut vraiment
faire avec ces engins aujourd'hui. Il semblerait qu'on ne sache plus
s'en passer. Trois fois hélas...
Ah, tenir compte d'un phénomène qui n'est pas notable dans les
autres îles des CANARIES: des remous dans la zone du phare de la
pointe de San Cristobal. Ils seraient dûs aux courants de marée du
coin.
Bonnes adresses: Appeler sur le canal 14 avant d'entrer. La
capitainerie se trouve au terminal des ferries... il faut marcher un
peu! Elle est ouverte de 8h à 13h Tél : 922 87 03 57 Fax : 922 14 13
10. Les sanitaires sont sur place.
Voilerie: Contacter Andrew Williams si votre voile a besoin de
soins. Tél : 909 06 99 21. Il s'occupe de la compagnie de charters
basée localement et il vous aidera comme pour bien d'autres soucis
mécaniques, électriques, etc...
Electricité: "Autorepuestos Sur" : Calle Ruiz de Padron, 35
Ship: Près de la "gazolinera" il y a un département de "Eliman"
de TENERIFE. On trouve l'essentiel pour une première urgence.
Avitaillement: Plusieurs super-marchés sont assez bien
achalandés.
-"Supermercado Plaza", près de la marina et proche de la Plaza de
la Constitution.
-" Supermercado Brito" qui a également bonne réputation.
Le "petit marché de la ville" est également à visiter
Mais c'est cher, en tous cas plus que dans les autres îles.
Laverie: "Lavandaria Hecu" Calle del Medio 922 14 11 80
Quelques jours plus tard, on a fait une échappée l'histoire de se
promener.
PLAYA de SANTIAGO: 28º 01' N et 17º11' N
Bien joli petit port de pêche! Très typique avec des petits bars
et des restos. Les pêcheurs du coin "taquinent" surtout la sardine
et ... le thon! L'approche de l'entrée du port est claire. A
l'intérieur il y a un quai pour accueillir le visiteur
Le village est juste devant une plage de galets. Sur la colline
un très bel hôtel y est accroché J'y suis allée par curiosité, la
vue est superbe. Autour on peut voir des plantations de bananes, il
y a un goût d'exotisme.
Conseil: Surtout ne pas choisir SANTIAGO pour s'abriter par houle
de Sud, dans ce cas c'est bien trop exposé!
Zone technique: La coopérative des pêcheurs possède un
travel-lift soulevant 60 tonnes. Le chantier est équipé d'eau et
d'électricité et on peut y travailler. Mais pour les réparations les
possibilités sont limitées : sur place on ne trouve que le minimum.
Réservations "Cofradia Nuestra Señora de Guadelupe ": Tél : 922 89
50 27 Fax : 922 89 53 13 En cas de problème plus sérieux s'adresser
à la Cofradia sur le port. La Société de pêche est la mieux placée
sur place pour donner des informations et procurer de l'aide. Le
personnel y est très gentil et compétent.
Mécanicien: "Taller Francisco Ramos", en face le dispensaire du
village. "Servicio Bello" a un bon réparateur Diesel.
Avitaillement: J'ai fait mes principaux achats dans un des deux
super-marchés du village.
Mouillage: Dans un fond de sable et de pierres, on peut jeter son
ancre à l'est de la petite digue. Attention c'est rouleur! Le
mouillage est interdit à l'intérieur du port.
VALLE GRAN REY, PUERTO de VUELTAS: 28º 05' N et 17º 20'
W
Très joli paysage de falaises rouges. C'est même spectaculaire!
Ce port, très dangereux d'accès, est cependant signalé comme refuge.
Ne jamais le tenter par vents Sud à Nord-Ouest. Il y a un important
quai d'accueil où peut se mettre le visiteur. En été l'hydrofoil
vient en perturber le calme. Un grand projet d'amménagement du site
avec création de marina est dans l'air. Faudra savoir être patient
pour le voir...
Facilités: Super-marchés et boutiques diverses. Location de
voitures. Petit ship. ... et puis si on a le temps et si on aime les
mouillages, deux autres îles sont absolument à faire pour boucler le
tour de l'archipel :
LA PALMA:
Appelée aussi "Isla bonita"! Elle est tout simplement jolie.
Cette île est en pleine extension touristique. C'est également un
excellent point de départ pour toute transatlantique. Il y
pleut assez par rapport aux autres îles et sa couleur dominante est
réellement le vert.
Son eau de source est une des meilleures des CANARIES. On peut
faire son plein d'eau sans mauvaise conscience à PALMA, (en se
rappelant que dans d'autres endroits, comme MOGAN par exemple, la
consommation d'eau y est sérieusement taxée!)
Un nouveau volcan est rentré en éruption en 1971. On avait pu le
prévoir aussi les vies humaines ont été épargnées. Une promenade
jusqu'à ce nouveau cratère vaut le détour. La vue y est
magnifique!
Cette île est visible de loin en mer, elle est haute! Ce sont les
vents du Nord qui prédominent autour. Il n'y a que deux ports
interessant pour les voiliers de passage
SANTA CRUZ de LA PALMA: 28º 40'N et 17º 46' W
Pour moi ce SANTA CRUZ est une des plus belles villes de
l'archipel. Elle est restée typique non seulement par son
architecture mais aussi par son animation restée terriblement
canarienne. ans le passé on peut comprendre pourquoi elle fut très
convoitée par les pirates. C'est une ville "riche". Le port est dans
le centre ville. Après appel sur le 16, le nouvel arrivant est
accepté au quai principal, mais pas plus de 24 heures...
A SAVOIR: Une nouvelle marina est en cours de construction:
"Muelle de Ribera". En attendant sa finition il faut se mettre sur
un corps-mort ou à l'ancre juste devant ce nouveau projet.
Bonnes adresses: Tél du port : 922 41 22 67 Fax : 922 42 07
32
Restaurants:
- "Las Tres Chimeneas" : 922 42 94 70
- "Chipi Chipi" au décor cosy! Il est au milieu d'une luxuriante
végétation et on y mange vraiment très bien. Situé au VELHOCO tél :
922 41 10 24
Mécanique: Il est plus facile de trouver un spécialiste pour nos
chers moteurs que pour notre incontournable électronique. Comme
toujours en s'adressant directement à la Coopérative de pêcheurs :
"la Cofradia", on obtiendra les bonnes infos pour trouver son
bonheur. Tél : 922 41 19 02
Avitaillement:
- "SPAR" où on trouve toute la base de l'alimentation.
- Le "Marché", typique, ouvert du lundi au samedi. Il est haut en
couleurs.
- "Supermercado San Francisco", énorme, en plein centre
ville.
Il y en a d'autres, il faut demander... ils fleurissent un peu
partout!
Un autre port est à voir :
TAZACORTE: 28º 38 N et 17º 56 W
TAZACORTE se trouve au milieu des ruines d'un vieux village, sur
la côte Ouest.Il est complètement à l'opposé de SANTA CRUZ de LA
PALMA. Un important brise-lames le protège. Eviter d'arriver de
nuit. Le canal d'entrée, ouvert au Sud, est marqué avec deux
perches. Il faut surtout passer entre ces deux signaux, sinon on
prend le risque de talonner sur les rochers. En suivant leur
alignement on peut s'amarrer sur le quai principal qui est souvent
occupé par les pêcheurs. Le mieux est de se mettre à l'ancre.
D'ambitieux projets d'agrandissement de ce port sont en cours. Il
est prévu d'en faire un terminal de ferries (eh oui, toujours eux!)
ainsi que d'y ajouter des pontons d'accueil. Les commodités sont
très basiques : douches et sanitaires sont dans l'immeuble de la
Coopérative des pêcheurs.
Zone technique: Le chantier naval de la Cofradia propose un
travel-lift levant 60 tonnes. Il est bien adapté pour travailler. Il
y a eau et électricité.
Ship: On peut trouver le minimum... du minimum. Il vaut mieux
aller à SANTA CRUZ de LA PALMA pour trouver les pièces
necessaires... ou les commander à TENERIFE. "Deportes
Atlantis" a un peu de matériel "marine" : 922 46 15 92
Mécanique:
"José Francisco Medina Lorenzo" est un bon dieseliste. Son
atelier est dans le "Barranco de las Angustias" Tél : 922 48 08
68
"Taller Cutillas" 922 4604 76 est basé à Los Ilanos. Le
propriétaire a son propre bateau.
Avitaillement: Super-marché SPAR. ... et puis un tas de
petits restos de poissons dans le village.
Mouillage: Dans le port ou devant la plage au Nord de la
digue.... MAIS seulement avec de bonnes conditions météo. TAZACORTE
n'est qu'un excellent port de passage.
EL HIERRO:
C'est la plus petite et la plus au Sud des îles du chapelet.
C'est la plus isolée et la plus préservée. C'est une île de charme
avec ses piscines d'eau de mer, ses forêts de pins et ses
plantations de bananes. Bref, c'est une île qui ne m'a pas laissée
indifférente. On y trouve la paix et la tranquillité. Les gens sont
hospitaliers et gentils. Cette île m'a conquise!
On y voit comme un lagon, qui est en fait un ancien cratère, plus
ou moins entouré par une côte escarpée et rocheuse. A l'intérieur,
c'est la forêt dense. Cette île ne ressemble pas aux autres! Elle
est mystérieuse... Peut-être est-ce dû au fait qu'elle soit assez
épargnée par le tourisme.
VALVERDE, la capitale est accrochée à plus de 500 mètres. On y
respire un air frais, surprenant par rapport à celui de la côte.
PUNTA ORCHILLA est un port à l'extrémité Ouest. Il fut longtemps
considéré comme la limite du monde connu. D'ailleur avant la
reconnaissance du méridien de Greenwich c'était un des points
"zéro".
Il faut noter que les vents de secteur Nord sont dominants autour
de HIERRO où se rencontrent des zones de déventement et
d'accélérations fréquentes. La houle est redoutable par vent de
Nord-Est. Il est recommandé de faire très attention, quitter son
bateau n'est pas prudent!!!
PUERTO de la ESTACA: 27º 47 N et 17 54 W
C'est le plus important des deux ports. Appeler le canal 16 avant
de longer la grande digue qui protège la baie. Il est possible (mais
déconseillé) de s'attacher au quai quand le ferry n'est pas là.
Parce que, encore hélas!, ce port est évidement fréquenté par ces
monstres qui vont et viennent depuis TENERIFE.
Le bassin est ouvert au Sud et très inconfortable en cas de
houle. Le mouillage est interdit à l'intérieur du port. En cas de
tempête du Sud il n'y a pas le choix que celui de dégager pour
trouver refuge à un mille de là, derrière la Punta Tijimiraque.
Mieux vaut bien étudier sa météo en cas de séjour à HIERRO....
Ne pas oublier qu'en juillet et Août, un vent local appelé
"Levante", a tendance à pousser les voiliers au mouillage contre le
quai. Pas gai!
A noter: L'excellent accueil réservé aux navigateurs de passage :
il est unique dans toutes les CANARIES! Tél. du port : 922 55 09
03
VALVERDE:
La capitale est à une dizaine de kilomètres dans la montagne. On
trouve de tout.. comme dans toute grande ville. On peut aussi bien
changer ses précieuses bouteilles de gaz ... aller à l'hypermercado,
ou louer une voiture, ou poster ses cartes postales, etc...
Mécanique et électricité:
"Urbano Padron Castañeda" 922 55 00 56
" Manuel Escobar" 922
55 08 88
LA RESTINGA:
C'est le port de pêcheur à l'extrémité Sud. Le village est petit,
mais mignon tout plein avec son esplanade ouverte sur le front de
mer. C'est là que sont les bars et restaurants.
Il est protégé par une longue digue de construction massive. Par
vent du Sud il est impossible d'entrer dans ce port. A part ça, LA
RASTINGA est un endroit idéal pour se ressourcer avant de traverser.
On peut se mettre à couple le long du môle ou mouiller à l'intérieur
du bassin.
Mouillage: A l'intérieur du port. Les fonds sont
"dégueulasses"... ne pas hésiter à plonger pour bien vérifier la
tenue de son ancre!
Chantier Naval: Un travel-lift y lève 60 tonnes. On peut
travailler sur ce "varadero" en toute tranquillité.
Electricité et mécanique: Voir avec la coopérative des pêcheurs.
La "Cofradia" est toujours une aide précieuse en cas de pépin.
-"Orlando Perez" y a son atelier. On peut le joindre au 922 557
028

Je ne peux pas quitter cette île sans parler de ses fonds
sous-marins. Sur sa côte Sud-Ouest il y a de belles plages de sable
fin et les côtes escarpées montrent sous l'eau un relief assez
particulier. Des écoles de plongées se sont installées à La RASTINGA
et proposent leurs services.
ATTENTION: On peut avoir la surprise de rencontrer des
requins-marteaux. Oui... oui... Ici on vous dira : " Tapez-leur sur
le nez s'ils approchent trop près..." Les habitants de HIERRO ont
décidément beaucoup
d'humour!!!