ENTRE SCIENCE ET FICTION
MA RENCONTRE DU TROISIÈME TYPE
![]()

Il était parti un vendredi 1er avril d’Arcachon...
comme si rien des traditions terriennes ne pouvait retenir ce navigateur hors
du temps !
Yves Parlier

Je n’en crois pas mes
yeux quand « Médiatis Région Aquitaine », ce grand oiseau coloré,
entre dans mon port canario.
Depuis l’intérieur de
la marina, sur Enomis, je suis du regard ce drôle d’OFNI surmonté de deux mâts
qui passe à fière allure derrière la digue.
« Médiatis Région
Aquitaine » arrive à Las Palmas
LAS PALMAS
de GRAN CANARIA
Mercredi 6 avril 2005
Yves Parlier,
l’ « Extra-terrestre », est arrivé.
Ce surnom a été
gentiment donné à Yves en 1991, lors d’une « Solitaire du Figaro »,
suite à une option météo prise sur une simple intuition, (complètement loufoque
aux yeux des participants), qui laisse alors les autres concurrents loin
derrière… et lui permet de gagner la course.

Il
éclabousse sur les côtés !
Aujourd’hui, le
« martien » et ses équipiers viennent de surfer sur une distance de 1 400
milles avec des pointes fréquentes entre 30 et 35 nœuds.
« Il éclabousse
sur les côtés » me dira l’équipage en avouant être arrivé à 25 nœuds dans les accélérations inter-îles peu de
temps avant d’affaler.

Une annexe
« Bombard » avec 140 CV aux
fesses les aidera à se mettre le long du ponton.
L’hydraplaneur n’a
pas de moteur.
Un « Bombard » bien rembourré
« Médiatis
Région Aquitaine » est là.
Le navigateur de
« l’eau-delà » se pose à Las
Palmas de Gran Canaria.

C’est une chance pour
Enomis et moi qui venons de revenir dans ce grand port. Nous sommes
presque… juste à côté !
Yves Parlier, mon voisin de ponton
ET SI ON PARLAIT DE « MÉDIATIS REGION AQUITAINE
» ?
L’an dernier, en
2004, l’hydraplaneur a participé à deux courses : Québec-St Malo et la
Transat anglaise.
Cet l’hiver, Yves
Parlier, toujours assisté de sa fidèle équipe, a testé le catamaran et son
nouveau plan de voilure sur le bassin d’Arcachon pour mieux repartir à l’assaut
des vagues. Maintenant il doit mieux passer au près et glisser au portant.
Le redan a été revu
et corrigé. On lui a fait une liposuccion de 700 kg…
Bref, on constate que
pas mal de modifications ont été apportées à la grosse « libellule ».
Sauf à l’intérieur
qui reste spartiate : il n’y a rien !
Yves est content.
A l’entendre,
« Médiatis Région Aquitaine » va maintenant beaucoup plus vite.
Il associe cette
période à celle d’une validation scientifique mais n’hésite pas à dire :
« le programme de
recherche n’est pas terminé, nous avons encore à apprendre, à tester et à
valider le concept... »
Et si Yves Parlier
vient aux Canaries, c’est pour rencontrer des nouvelles conditions de vent,
pour faire de nouveaux essais et en tirer des conclusions.
SON CHALLENGE :
Battre le record de
distance parcourue en solitaire en 24 heures.
Comme en cette
période de l’année les alizés sont chatouilleux par ici, ce sera l’idéal pour
pousser l’hydraplaneur.
« Ce record correspond
à la distance parcourue prise en ligne droite d’une position du bateau à un
instant T jusqu’à une position du bateau 24 heures plus
tard (T + 24). »
L’arbitre sera le GPS
du bord couplé à un envoi automatique d’informations qui sera vérifié avant et
après le départ.
« Médiatis Région
Aquitaine » est équipé d’un Inmarsat Mini-C de France-Télécom.
Soulignons que c’est
Laurent Bourgnon qui le détient ce record, depuis 1994, avec 540 miles à une
vitesse moyenne de 22,5 nœuds.

Yves et son équipe
resteront tout le mois d’avril à Las Palmas… pour essayer de faire encore et
encore mieux !
« Médiatis »
Quand on sait quel
palmarès est accroché à « l’extra-terrestre », on peut tous y
croire !
Ce palmarès a
commencé avec la Mini Transat gagnée en 1985 où Yves voguait sur son propre
bateau et sur ses 24 ans florissants.
Par la suite il est
difficile de compter ses trophées tant il les accumule.
Il a gagné toutes les
routes : celle du café, de l’or, du rhum…
La transat anglaise,
la solitaire du Figaro…
Il a eu la chance de
naviguer avec Tabarly.
Il a eu le privilège
d’avoir la petite Hélène Mac Arthur comme coéquipière dans la transat Jacques
Vabre.
Quant au Vendée Globe
2000, on l’a vu arriver 13ème avec un mât cassé et réparé en cours
de route dans des conditions assez cocasses.
Mais après avoir
franchi la ligne d’arrivée aux Sables-d’Olonne devant 100 000 personnes,
au bout de 126 jours et une vingtaine d’heures, il sera non seulement vainqueur
pour lui et sur lui-même, mais avant tout dans le cœur des français.
Le Vendée Globe est
la seule course qui manque encore aujourd’hui
à son palmarès.
Allez, un
extra-terrestre ne s’avoue jamais vaincu, n’est-ce pas ?
Et en attendant, il a
décidé que 2005 serait son année de records en solitaire.
Yves est infatigable.
Marié, papa de deux
enfants, ingénieur spécialisé en matériaux composites, il vit à Arcachon où il
lui est facile de naviguer, créer, et faire ses expériences sur un plan d’eau
unique en son genre.
Les sports extrêmes
sont ses hobbies.
C’est d’ailleurs en
parapente, en essayant une voile, qu’en 1998 il fait une chute de 200 mètres où
il se fracture le tibia, le péroné, la hanche et se lèse le nerf sciatique.
Mais il n’abandonnera
pas pour autant !
Et c’est tout naturellement
que sa passion pour la voile le conduit à en faire son métier.
Il ne faut pas
oublier non plus qu’Yves est aussi passionné par une autre science, au point
d’être pour 2005 « Parrain de l’année mondiale de la
physique ».
Consécration qui n’est
pas des moindres !
C’est en 2000
qu’une idée folle commence à lui
trotter dans la tête quand son mât se brise lors du « Vendée Globe » au
Sud des cinquantièmes hurlants :
construire un
catamaran à coques à redan.
Mine de rien, c’est cette
idée qui l’aide à trouver l’énergie pour réparer et repartir vers le Horn.
Car s’il laisse
tomber, c’est sûr, tout le monde le laissera tomber, lui et son rêve!
En contrepartie, même
s’il ne le réalise pas bien, son arrivée dans cette transat lui permettra
d’acquérir la notoriété qui lui sera utile dans le futur.
Mais ça, il ne le
sait pas encore…
Finalement, Yves est
un bien bel exemple de détermination, de rigueur et de volonté… tout comme il
peut être un « Robinson des mers » sacrément bien organisé !

Yves ressemble à
Tabarly sur bien des points !
Il est, comme a pu
l’être Eric, ce qu’on peut appeler un « skipper visionnaire ».
Il a l’esprit
d’innovation tout en restant nature ayant un véritable respect des hommes et de
l’environnement.
Yves à l’ « écoute »
Comme Tabarly hier,
Parlier participe aujourd’hui à
l’évolution de la voile de haut niveau.
L’ « Extra-terrestre »
est à l’origine de nombreuses solutions dans les domaines de l’architecture
navale, des matériaux composites, des aides à la navigation et dans bien
d’autres encore…
En l’an 2000 Yves
abandonne le monocoque pour le multicoque.
L’idée d’un
« bateau-volant » à deux coques germe… grandit… et naît.
« Médiatis Région
Aquitaine » voit le jour sur le bassin d’Arcachon, en Gironde, le 31 janvier
2004.
Yves reprend et
développe avec son équipe le principe des fameuses coques à redans, idée
première de Jean-François Morice, ingénieur sup-aéro aquitain qui avait laissé
tomber idée et expériences dans les années 80.
Il ressort ce projet
qu’il trouve génial et constate, après essais, que les coques à redans sont
particulièrement fiables.

Les différents tests
qu’il fait le confirment.
On diminue les
frottements, on diminue la surface mouillée, et le bateau « décolle »
Les coques à redans
ne sont pas compliquées et en plus elles sont performantes.
On dira avec des mots
simples qu’elles permettent au bateau de planer à la surface de l’eau à partir
du moment où il atteint une certaine vitesse.
On peut les comparer
aux foils. Ce sont tout simplement des patins d’hydravion.
Impressionnante dérive!
Dans le cas de
l’hydraplaneur, la surface en contact avec l’eau passe de 30 m2 au repos à 3 m2
en situation de « décollage »
Pour Yves Parlier, « Médiatis Région
Aquitaine », c’est son 6ème bateau, sa petite révolution
technologique à lui, son rêve, son dernier bébé.
La réalisation de ce
projet sportif va se faire au cœur d’une région que
« l’Extra-terrestre » adopte à part entière : l’Aquitaine.
Il faut dire qu’il
associe toujours ses projets à de grandes entreprises, des PME, des universités
et des collectivités de la région, cette région dans laquelle il ré-investit
beaucoup de son budget.
Il associe donc
l’économie locale et régionale à la construction de ses bateaux.
Il crée son chantier
naval à Larros, un chantier futuriste fait de deux immenses hangars, sur le
bassin d’Arcachon.

Yves Parlier dit
qu’il se sent porteur d’une grande responsabilité… Ça va de soi !
Il avoue que chaque
fois qu’il y a avarie ou casse, il culpabilise pour ceux qui ont cru en
lui… il sait que parfois ils sont
encore plus déçus que lui.
La fidèle équipe à Las Palmas
Benoît

Romaric Neyhousser, ingénieur en mécanique des fluides, architecte, en
charge de la conception générale et des études
Le bateau est construit en carbone
pré-imprégné d’époxy « nid d’abeilles »
Ce sont des centaines
de couches de carbone dans lesquelles s’intercale un matériau composite alvéolé
qui permet d’amortir les chocs sans alourdir le bateau.
Après quelques
cuissons successives, une demi-coque ne pèsera pas plus de 200 kg.
C’est pas
lourd !
Carbone et nids d’abeilles après
coup
Résumons :
18 m 28 pour 15 m 05…
5 tonnes… coques à redans… des ballasts… doubles gréements… 120 m2 de voiles
(ça fait 700g/m2) faciles à hisser… et un design impressionnant.
Ce sont 30 000
heures de travail !
Ce catamaran a un look futuriste.
Sa coque
« hydravion » lui permet de planer à la surface de l’eau à partir du
moment où le bateau atteint une certaine vitesse.
L’ « Extra-terrestre »
affranchit son multicoque de la poussée d’Archimède.
Si tout va bien,
« Médiatis Région Aquitaine » pourra atteindre une moyenne de 40
nœuds avec des pointes de 45.
Jusqu’à présent,
seules les planches à voiles détiennent ce record avec une pointe récente
enregistrée à 49,50 nœuds !

Pour la conception de l’Hydraplaneur, Yves s’entoure
d’une équipe musclée, tous ingénieurs mais avant tout marins :
Ingénieurs en
architecture navale, en génie mécanique, en mécanique des fluides… presque tous
issus de la mini-transat.
L’équipe au travail
Ils ont choisi d’être leur propre « architecte » pour ce
bateau.
Et tous les marins de
l’équipe naviguent un jour ou l’autre avec Yves, ce qui est idéal pour faire
évoluer le projet.
Les essais sont faits
en bassin de carène où des souffleries sont prévues à cet effet.
Le catamaran est
sponsorisé par son partenaire financier d’où il tire son nom :
« Médiatis ».
Mais il a aussi
derrière lui la « Région Aquitaine » et « France Télécom »…
et bien d’autres sponsors.
Trouver des sponsors
n’est pas une mince affaire avoue Yves!
Ceux qu’il a choisi
mettent à sa disposition des moyens humains et des soutiens techniques.
Si on prend le cas de
« France Télécom », cette Compagnie avait aidé Yves dans ses
précédentes courses.
Elle s’est donc
volontiers associée au projet « Médiatis Région Aquitaine ».
« France
Télécom » participe aujourd’hui au défit d’Yves Parlier en mettant à sa
disposition ses solutions de communication.
Yves confirme :
« Il n’y a pas
d’ingérence des financiers dans nos projets sportifs.
On n’en n’a pas besoin,
en sport on a toujours envie d’être le meilleur ».

La course au large
est avant tout une compétition où il faut des résultats pour convaincre.
Yves implique surtout
son équipe à terre qui le suit, le soutient, l’aide et se sent forcément concernée.
Normal, toutes les
décisions ayant été prises en commun de manière
« collégiales »
L’argent n’est
surtout pas la motivation première !
1er ESSAI AUX
CANARIES
Lundi 12 avril 2005.
Départ Las Palmas de Gran Canaria
Yves est parti dimanche quelques minutes après
minuit pour aller se positionner au Nord des îles Canaries après une petite
remontée au près d’une quinzaine d’heures.
Tout allait bien mais
le pilote a fait un caprice dans les alizés.
Empannage violent… 5
lattes brisées… une des G.V qui se déchire…
Malgré tout Yves
reste positif.
Avec cette expérience
« Médiatis Région Aquitaine » lui a susuré dans le vent plein d’infos
pour qu’il apporte encore et encore d’autres modifications.
Ce qu’il va
faire.
Un des cockpits avant départ

Mercredi 14 avril
«L’Extra-terrestre »
touche terre.
« Médiatis Région
Aquitaine » rentre à Las Palmas de Gran Canaria.
Le
« voilier » vient à bord, on sort la
G.V, elle part à
l’atelier, on répare.
Le pilote est changé…
et des modifications sont apportées.
Pour Yves il n’y a ni heure ni
position pour la… vérification !
Vendredi 23 avril
Jour d’essai
technique.
Ballade d’une journée
pour un gros rond dans l’eau sous soleil radieux.
L’auto-pilote a été
remplacé.
Tout baigne
2ème
ESSAI AUX CANARIES
Samedi
24 avril
Ce n’est que dans
l’après-midi qu’Yves a pris la décision de partir :
Ce sera ce
soir !
Un soir de pleine
lune, un ciel juste nappé de quelques nuages-chantilly qui commencent à se
dessiner sur une nuit tombante.
Je suis les
préparatifs depuis le ponton, caméra à la main.
Moments privilégiés à
moi toute seule.
J’hume
l’instant.
Sa fidèle équipe est
là.
Dans un premier
temps, on vire !
On vire les kilos supperflus
Oh, pas grand-chose,
l’intérieur de « Médiatis Région Aquitaine » étant déjà tellement
spartiate !
Mais on sort un
classeur à droite, une boite d’outils à gauche, un sac plein de bouts, un
sac-poubelle plein de restes de notre brave Sté de consommation…


Dans un second temps
l’équipe vérifie tout.
Les écoutes sont
lovées et réunies dans les cockpits.
Les G.V sont prêtes à
être hissées.
Les winches parés de
leurs manivelles…

Yves supervise
l’action dans sa tenue de cosmonaute des mers, noire et fluo, un fluo qui fait
flasher toutes mes photos.
Le Bombard avec ses
deux gros 140 CV s’accroche à l’araignée prête à lâcher le ponton auquel elle
s’agrippe encore.
Yves est prêt à appareiller.
L’ »Extra-terrestre »,
lui, est déjà parti !
L’instant est sublime….
sous la lune toute ronde de Las Palmas.
« Médiatis Région
Aquitaine » s’écarte peu à peu pour gagner la sortie du port.
Dès que
l’hydraplaneur est sous voiles, après le petit moment supplémentaire nécessaire
pour voir si tout est OK, le Bombard se détache et l’équipe revient à terre.
Elle s’arrête sur un
des bateaux au mouillage plein de « punch », mais elle ne quitte pas le téléphone
satellite des mains.
On est tous
heureux !
Rapidement chacun
prendra son quart de nuit derrière l’ordinateur où régulièrement
l’ « Extra-terrestre » enverra ses messages.
« Médiatis Région
Aquitaine » part se positionner à 500 milles au NW des îles Canaries.
Rien à signaler dans
les appels d’Yves qui paraît très satisfait des premières performances de son
bateau.
Et puis c’est le
drame !
Ça c’est passé dans
la nuit de dimanche, vers quatre heures du matin.
Stéphane, qui est de
quart, ne reçoit plus de position.
C’est étrange…
Ce n’est surtout pas
normal !
Romaric, Papo,
Stéphane, Benoît, les quatre fidèles « mousquetaires », sont
réveillés et en alerte.
Après deux longues
heures d’angoisse ils reçoivent enfin une position qui permet de localiser
l’hydraplaneur.
Il est… sur le
dos !
Yves parait souffrir
de côtes cassées.
Un cargo s’est déjà
dérouté pour le récupérer.
Tout va bien dans le
malheur.
« Médiatis
Région Aquitaine « est à l’envers, un mât brisé en trois parties… et des
bobos plein les voiles.
Ici, à terre, les
équipiers ont des bleus plein l’âme !
Que s’est-il
passé ?
Yves s’était déjà positionné
et « Médiatis Région Aquitaine »filait à une trentaine de nœuds sur un
océan de houle. Tout allait bien à bord.
Yves remplit un des
ballasts pour stabiliser son « monstre »… quand une rafale arrive.
Un peu plus forte… un
peu plus vicieuse celle-là.
Réflexe
habituel : le skipper choque rapidement les voiles… pas assez
peut-être ?
Et c’est ainsi qu’il
retrouve jeté du flotteur babord au flotteur tribord douze mètres plus bas (c’est haut quand même !!!).
Le bateau se met sur
une coque… pour mieux se retourner après bien sûr.
Yves ne peut pas
atteindre et actionner la balise de Médiatis. Il utilise celle de secours qu’il
a toujours sur lui.
Aujourd’hui je ne
peux pas m’empêcher de sourire pour avoir entendu que celle-ci était dans une
fausse molaire !!!
Beh voyons… On lit
beaucoup de B.D en France.
Attention à ce que tu
manges Yves !
Il a surtout pu
entrer dans un des cockpits et récupérer son Iridium de secours.
C’est comme ça qu’il
peut « rassurer » (façon de parler !) son équipe à Las Palmas.
Les secours organisés
arrivent rapidement.
Un cargo dérouté est
déjà dans la zone du naufrage.
Il récupère notre
« Extra-terrestre » qui appréciera la gentillesse de cet
équipage philippin.
Ils le ramènent
d’abord en Espagne d’où il partira chez lui à Arcachon pour un passage obligé à
l’hôpital.
Diagnostic :
deux vertèbres brisées et une côte dans le même état.
Horreur, on enferme
Yves Parlier dans un corset !!!
ET PENDANT CE TEMPS À LAS PALMAS de GRAN CANARIA…
Semaine éprouvante pour
l’équipe qui organise la « récupération » de « Médiatis Région
Aquitaine ».
Tout est bien
compliqué quand des intérêts sont en jeu.

Les contacts sont
établis auprès des compagnies de remorquage.
Un nouveau membre un
peu marsouin-interprète-démerd’, Jean-Marc, intègre l’équipe qui ne le
regrettera pas.
Il connaît bien le
coin, la mer et tout ce qui flotte.
Jean-Marc

Payé avec beaucoup de
« zéros », un remorqueur finit par être affrêté.
L’ « Iron
Bull »
Une « bulle de
fer » avec un capitaine à la poigne d’enfer.
L’équipage est
performant.
Ils partent

Enomis et moi sommes
investis de la garde de M’sieur Bombard et de ses deux 140 chevaux.
On se met à couple.
Bombard flirte avec Enomis
Une soixantaine
d’heures plus tard l’ « Iron Bull » est sur « Médiatis Région
Aquitaine »qui dérive bercé par une houle qui n’en finit pas.

La balise est restée
active sur l’épave pour le repérage.
Le pauvre, il a l’air
pitoyable !
La tristesse de
l’équipage fait écho à la désolation de l’instant où ce fige ce petit point
perdu au milieu de l’Atlantique.

Le retournement du
bateau n’est pas chose facile et tout le monde se « mouille » !
De plus, les
conditions météo ne sont pas excellentes.
La houle de plus de 3 mètres ne
facilite pas les opérations
L’équipe travaille
tout le week-end en essayant de limiter les dégâts.
Le second mât s’est
lui aussi brisé et les morceaux tapent allégrement dans une des coques.
La partie arrière finit par plonger quand on
fait entrer l’eau dans les coques et le
bras de liaison.
Il faudra plusieurs
essais avant que les câbles, les chaînes, les gueuses embarqués à bord de
l’Iron Bull soulèvent l’épave et achèvent le retournement.
« MédiatisRégion Aquitaine
» se retourne enfin en faisant une
cabriole coquine de 180 degrés.

La corvée des seaux à
vider commence.
C’est que le bateau s’est
bien rempli en huit jours !
Il faut faire tout à
la main, l’affreuse houle ayant empêché d’embarquer la grosse pompe du
l’ « Iron Bull ».
L’équipe sauvera tout
ce qu’il y a de récupérable.

Les rails en alu
n’ont pas aimé leur séjour forcé dans l’eau et dessinent de la dentelle… ils
font une drôle de tête !
Le travail d’équipe
continue et la fatigue marque tous les visages.
Mais l’hydraplaneur
est sur ses flotteurs et la satisfaction est bien réelle.
Les morceaux de mâts jonchent le pont du remorqueur

Médiatis « à la
traîne »
Opération
réussie !
L’ « Iron
Bull » traîne « Médiatis Région Aquitaine » vers Las Palmas.
Doucement… il ne
dépassera pas 10 nœuds pour revenir.
A bord on se relaie
pour les quarts… comme toujours !
Le RETOUR de « MÉDIATIS REGION AQUITAINE »
LAS PALMAS de GRAN CANARIA
Lundi 9 mai
2005
Yves Parlier est
revenu aux îles Canaries… en avion.
Il y a de la fatigue
et de la déception sur son visage.
L’ « Extra-terrestre »
est là, droit dans son corset.
Il vient soutenir ses
équipiers dans ce retour non désiré.
Il vient retrouver
son « Médiatis Région Aquitaine »… et voir les dégâts.
Sa femme et ses
enfants sont avec lui… Agathe son assistante aussi… et puis Laurence la femme
de Stéphane, un de ses équipiers, et leurs enfants, et… et toute la
« famille » Médiatis est là.
Merveilleuse et
solidaire équipe !
J’ai la chance de
pouvoir embarquer sur le bateau de l’armateur de l’ « Iron
Bull ».
Je peux aller à la
rencontre du remorqueur et de « Médiatis Région Aquitaine »

Il y a du vent et des
vaguelettes qui moussent, la manœuvre d’entrée au port n’est pas facile !
Les annexes sont de
sortie, on aide l’hydraplaneur quand il se détache du
remorqueur.
Sous soleil
déclinant, le cliché est insolite.
« Médiatis Région Aquitaine
» arrive devant le port de Las Palmas
Yves n’a pas résisté au
plaisir d’aller se faire secouer dans le « Bombard » pour approcher
encore plus vite son gentil monstre.
Ses vertèbres et sa
côte doivent gémir sous son corset.
Isabelle, son épouse,
vient de me dire avec de la douceur et de l’amour plein la voix :
« C’est un sacré
spécimen, il ne sait pas être raisonnable » !
Qui ne l’avait pas
compris ?
« Médiatis Région Aquitaine » amorce
l’entrée de la marina.
Le ponton est tout
près.
Les annexes poussent su