ARCHIPEL EN FOLIE    ...   AN 2002
                                CARNAVAL de LAS PALMAS
                                         
                                 

     MON REPORTAGE SUR LE CARNAVAL DE LAS PALMAS EN FÉVRIER 2002

 « Enomis » et moi sommes restés au port cette année pour découvrir Las
Palmas et son carnaval.

Un spectacle que nous ne pouvions manquer !

Des semaines hors du temps qui se préparent sur des mois et qui sont à la
hauteur de l’événement.

Les festivités ont officiellement débutées début février, sous un soleil
radieux, rappelant que dans le sud de cette petite île de Gran Canaria
règne un des meilleurs climats du monde.

                                

DES DECENNIES DE TRADITIONS SONT PASSÉES PAR LÀ !

Le mot « Carnaval » a des racines profondes.

On y trouve son origine latine dans « carne » : la chair... la viande.

Puis en vieil italien : « carnavela » : enlève viande…

Le nom français actuel est vite apparu et on le retrouve chez Rabelais au
XVIè siècle.

Ce mot voulait dire « profitons-en une dernière fois » en cette veille de
Carême parce que le jeune était profondément respecté durant des siècles
durant cette période de vide intérieur.


                    


On se souvient : pas de viande pendant quarante jours… sinon gare !!!

Alors on comprendra pourquoi le « Mardi Gras » a tourné en festin !

Et comme une seule journée ne suffisait pas, il a dégénéré dans un cortège
de festivités teintées de traditions et qui démarrent en fait dès
l’Epiphanie !

Mais la Chandeleur est un prélude qui nous permet de dévorer quelques
crêpes…

Donc du « Jour des Rois » au « Mardi Gras », dans le monde entier il y a
tout autant de mascarades colorées et bruyantes où sont permis l’extravagant
et le grotesque selon l’humeur du pays… où toutes les traditions populaires
et religieuses peuvent être parodiées.

On grime !                                        

                                                  

Aux îles Canaries les carnavals se succèdent avec des coutumes propres et
distinctes selon les îles.

Et chaque île a sa particularité et ses distinctions.

Et il y a sept île sur le chapelet !

Le principal à noter est la différence entre les carnavals de types ruraux,
comme ceux rencontrés dans les toutes petites îles de Hierro ou de La Palma
, et les carnavals urbains.

Ceux là restent les incontournables fêtes de Santa Cruz de Tenerife et de
Las Palmas de Gran Canaria.

L’influence américaine, surtout cubaine, se reflète aujourd’hui dans les
traditions carnavalesques. On la retrouve dans les rites particuliers, comme
dans les déguisement très fleuris et la musique.

   

A Las Palmas tout se passe autour de la célèbre place Santa Catalina.

Une sorte de colisée y a été édifié, tel un amphithéâtre avec une énorme
estrade où tout le monde peut se produire.

Une des originalités est l’élection de la reine des Drag-Queens.

C’est une des dernières incorporations institutionnelles depuis 1998.

Exquises… marquises… échafaudées sur des étages de talons compensés,
maquillées-fardées- poudrées, qu’elles sont belles !

L’admiration est toujours réelle.

                                                   

Amusement en prime, ces « demoiselles » usant et abusant de leur(s)
charme(s) selon les accoutrements exibés.

La reine est élue durant cette nuit de folie douce explosant en finale dans
un feu d’artifice à la hauteur de la magie de l’instant.

Une autre soirée dans une ambiance de festival coloré verra un couronnement
chez les enfants

.... tandis qu’une autre nuit, dans un gentil délire, la reine du 3ème âge
(oui… oui !…) se verra remettre couronne elle aussi.

Mais surtout ne pas manquer le gala de la reine du carnaval !

                     

Cette nuit-là la couronne est transmise, évènement suivi pas à pas au
travers de la chaîne de télévision locale bien sûr !.

Les costumes y sont lourds à porter au point que bien des candidates
s’écroulent sur la passerelle.

Mais s’ils sont très fantaisistes ils sont aussi dessinés avec grâce et
admirablement mis en valeur.

Chaque candidate est sponsorisée par un grand nom local très souvent
rattaché à une grande chaîne de magasins « canarios ».

    
                                           


La sélection n’est pas facile et chaque année le jury a beaucoup de mal se
départager.

Les strass, les plumes, les tissus, les couleurs, les thèmes...

Que de merveilles et de beautés dans cette jeunesse !

Tous les jours, les soirées et les nuits de la semaine sont marquées de leur
signe.

Ainsi compétitions, élections, défilé, musiques, concours se succéderont en
ce début février..

Ces fêtes toucheront tous les secteurs de la société et tous les âges.

La plus grande des parades est l’incontournable mardi 12, jour férié sur
l’île.

Personne ne peut et ne doit l’ignorer !

Les rues ne sont plus que musique et couleurs.

Les magasins n’existent plus.

Oubliées les enseignes lumineuses !

On ne sait plus qui est qui.

Commencé à midi ce défilé se terminera avec le soleil… pour continuer encore
et encore un peu partout en nocturne dans les quartiers.

               
                                                                   


Mercredi 13... musical et encore musical …

Une quarantaine de musiciens comblent la foule avec des « airs Caraïbes ».

Les têtes explosent sous les styles très variés de merengue, samba, rumba…

La guitare grattera le rêve jusqu’au petit matin.

Les chemises sont à fleurs à tendance cubaine, les pantalons sont blancs, le
chapeau de paille est vissé sur le crâne.

On est ici... on se croit là-bas…

Là-bas, c’est Cuba !

Cependant c’est tout au long du carnaval que la musique aura sa priorité.

Beaucoup d’orchestres de musiques sont d’origine latine.

Les musiques locales comme internationales sont aux cotes inégalables.

Un autre soirée thématique sera celle d’un concours de maquillages.

Maquillages étranges et surréalistes.

Le concurrent vient avec son modèle.

Les transformations sont corporelles.

Les corps nus se transforment plus ou moins en sortes de libellules «
E.tiques ».

Il y a de l’art dans les gestes.

Le résultat est surprenant d’autant plus qu’à « l’oeuvre » peinte fait suite
une chorégraphie interprétée par le concurrent avec beaucoup de raffinement
et souvent d’une autre dimension.

                                                                        

Le jury doit noter. Pas facile !


Tout ceci, évidement, n’a rien à voir avec le carnaval ancestral !

Nouvelle ère, nouveau siècle, nouveaux thèmes...

Et on s’éloignent toujours un peu plus des origines gréco-romaines.

En remontant les siècles les écrits relatent tous le carnaval comme étant
la célébration du divertissement par excellence.

Du temps judéo-chrétien il représentait l’opposé de la morale chrétienne.

En Espagne il fut carrément interdit durant la dictature « franchiste ».


On a senti longtemps le sentiment de rébellion populaire en cette période
particulière sur l’île.

Aujourd’hui on ne voit plus qu’un grand spectacle de promotion touristique
qui est devenu la plus grande fête de la capitale gran-canarienne...

…...juste avant que ne débute le carême chrétien !

Les festivités se termineront le16 février, bien gravement, avec
l’enterrement de la « Sardine ».

Ce poisson long de plusieurs mètres est fabriqué de cartons.

La foule l’accompagne au bûcher en traversant les rues de la cité.

Elle va jusqu’à la plage d’El Canteras.

On suivra la « Sardine » tout au long de son agonie jusqu’à son lieu
d’incinération.

Tout le monde est de noir vêtu.

Tout le monde est triste et pleure la mort de façon plus qu’ostensible.

En ce samedi de deuil même la pluie n’aura pas eu pitié !

Le feu marquera la fin du carnaval jusqu’à l’année suivante.

   
              

Le carnaval est une des fêtes les plus emblématiques de la ville de Las
Palmas que les citadins ont su transformer en célébration spectaculaire...
et conquérir le tourisme générant ainsi une forte activité économique.


A la Gran Canaria le carnaval urbain n’a pas de grande antériorité et se
célèbre seulement depuis le début du 20ème siècle.

Il vit un arrêt de ses festivités une quarantaine d’années durant la guerre
civile d’Espagne à cause de son aspect rebelle.

Puis ce fut le renouveau des grandes libertés pour les citadins, mais on
sait aujourd’hui qu’il se perpétuait de façon plus ou moins clandestines et
plus ou moins ouvertement selon les couches distinctes de la société.

A ce jour la classe politique joue plus que jamais son rôle et sa générosité
se note dans les nombreux dons.


D’autres parts, même les mouvements homosexuels sont présent pour réclamer
leurs droits et décider sur les options choisies.


En tous les cas le carnaval de Las Palmas aujourd’hui a grandi et réunit une
grande participation de personnes.

Dans tous les pays du monde les agences de voyage ne savent plus où donner
du catalogue.

On ne peut pas donner sa préférence à celui de Rio plutôt qu’à celui de
Venise, de Nice ou d’une île Antillaise... On ferait des jaloux !

Partout il vit de façon plus intense et a gagné en particularité et
magnificence.

S’il a perdu de ses symboles d’autres temps il est arrivé cette image plus
moderne qui font de lui cette fête incontournable.

A Las Palmas de Gran Canaria il répond à la tendance et au métissage que
l’on rencontre aujourd´hui et qui résulte de cette volonté de faire du
carnaval 2002 un grand carnaval exotique .

                                                                 



SOPHIE sur « ENOMIS » - Las Palmas de Gran Canaria février 2002 -